| Carnet de bord de Avril 2021 | Partager sur Facebook |
Il neige encore lorsque je met le nez dehors. L'hiver est revenu après le printemps et l'été express de la semaine dernière, c'est comme si le rythme des saisons c'était emballé. Je met en route et aussitôt le message d'hier matin apparaît sur l'écran de l'ordinateur de bord. Je lâche un gros soupir, mi-résigné mi-agacé...avant de partir je donne un coup de lavage à mes rétros, on sait jamais si le soleil prenait idée à taper dedans !
Il me faut 45 minutes pour arriver sur le chantier. Aussitôt Alex vient me voir, je vois bien qu'à sa tête il y a problème, je m'en doutais d'ailleurs. Suite à l'accident d'hier ils ont pas le droit de travailler, on me parque là où je dois vider. Ce matin il y a enquête et la polizeï doit venir à 11h sur place. J'apprends que la victime est un portugais qui bossait pour un sous-traitant. Apparemment il s'est approché d'une grue au moment ou la charge a basculé. C'est triste, mourir comme ça loin de chez-soi alors qu'il bossait pour nourrir sa famille. Vers 9h je vois arriver une grue qui se gare vers la base vie, certainement celle incriminée. J'aimerais pas être à la place du grutier...
En attendant je fais un peu de ménage, puis j'allume le PC pour mater un peu du Netflix. Je regarde 3 épisodes de 24, punaise c'est addictif ! Difficile de ne pas passer au suivant tellement le suspense est bien maintenu. A midi j'appelle Alex, il répond pas. Je mange du bout des doigts une bricole, pas trop faim. J'ai le moral en berne et le mauvais temps n'arrange rien.
Enfin, à 14h un gros porteur avec bras de grue déboule dans la cour, le pilote me tend le pouce vers le haut c'est bon signe ! En trente minutes c'est torché, j'ai eu de la chance les autorités ont accordé une dérogation pour me vider ainsi que l'allemand en baché arrivé la veille à 14h. La dernière fois que c'est arrivé le chantier a été arrêté complètement pendant cinq jours...
Allez hop, direction le nooord ! Le message est toujours là mais il s'efface au bout d'une vingtaine de minutes. Je rejoins le boulevard des polonais, la "fameuse " A2, puis je bifurque à Hanovre pour prendre l'A7. Je reluque gmap, Hambourg est pas mal au rouge, toujours ces travaux sur le pont qui dure une éternité. Le temps d'arriver ça c'est amélioré, j'ai perdu une petite vingtaine de minutes. Encore pas mal de monde jusqu'à Lubeck puis ensuite c'est le désert. Il y a plus grand-chose au-dessus, je peux rouler sereinement, quasi seul ! L'autobahn s'arrête net juste avant le pont qui mène sur l'île de Fehmarn. On le traverse à 30km/h avec les travaux. Juste après il y a un fourgon de la polizei, coup d'œil dans le rétroviseur les gyrophares s'allument et ils me partent au cul. Merde, fait chier, mais en fait non ils sortent au premier échangeur. Le terminal d'embarquement de Puttgarden est tout au bout de la route 207, impossible de se tromper. Je me gare au parking et file au bureau. Un coup de DKV et j'ai mon ticket pour passer de l'autre côté. Ligne 19, je suis le premier. 20 minutes après un ferry arrive, ça ne pinaille pas, le temps d'embarquer j'ai 4h29 en conduite continue, ça c'est de l'optimisation ! La traversée dure 45 minutes, le temps de manger une méga-saucisse accompagnée de frites, et un tour en boutique pour voir. C'est pareil sur presque tous les ferry, et je me marre en voyant le prix du rosé basique du Languedoc à 12 balles la bouteille !
Je débarque côté danois le premier, et dès que je suis sorti je me serre sur le côté pour redescendre les suspensions de la remorque, toute la clique me passe sournoisement devant et je me retrouve bon dernier à faire la queue au contrôle d'entrée. Un policier scanne les passeports avec son téléphone, ça dure une dizaine de minutes. Ensuite go, il me reste 50 minutes sur mon amplitude, je cherche un parking avec de la place, c'est pas évident vu les tailles rikiki des aires de repos. Je dégote mon bonheur à Farø, juste après le pont. Je connais Faro au Portugal, je sais maintenant qu'il y a son homonyme Danois !