| Carnet de bord de Avril 2021 | Partager sur Facebook |
Comme convenu les deux compères se radinent à 7h. Yohann prend les devants avec la voiture pour repérer le chantier. Le temps d'arriver à Vidauban il est déjà revenu au rond-point de la D84, il préfère que je l'accompagne pour que je donne mon avis, lui il est pessimiste. Ça promet, il a l'habitude des chantiers merdiques...j'abandonne le camion, déjà la route est annoncée interdite au plus de 13t et est vachement étroite et viroleuse ! On fait 6km et on arrive au niveau d'un petit portail et derrière un chemin qui descend au chantier. Je vois mal comment je vais pouvoir rentrer là-dedans à reculons et à contre-main de surcroît, en plus la cassure est hyper prononcée. Yohann me ramène au camion, et je pars derrière lui, il fait office de voiture ouvreuse. La circulation est réduite mais ceux qui arrivent en face ne s'attendent pas à croiser un semi ici. Je pense à tonton Pierrot et ses routes foireuses, sauf que moi j'ai pas un moffet au cul pour déplacer latéralement la remorque ! J'arrive sans encombre au niveau du chantier, et par acquis de conscience j'essaie d'y entrer. C'est impossible il y a pas assez de place pour le tracteur, ou bien le fossé mais on va éviter. Alors on sort le plan B, le 6x6 qui vient d'arriver se place dans le chemin de façon à ce qu'il puisse me vider et recharger les tubes dans sa benne. Plus qu'à trouver pour faire demi-tour. 100m plus loin il y a un pâté de maisons et juste après un chemin. J'essaie d'y reculer à ma main mais un panneau m'empêche de casser trop tôt la remorque. J'essaie autrement en rentrant en avant dans le chemin puis je recule à contre-main sur la route, ça le fait en se reprenant plusieurs fois. Je prends la route en sens inverse puis l'A8. Je recharge à Nice pour le même chantier. Yohann et Jules me rejoindront en voiture, là-bas il y a le 8x8, ils me chargeront avec ensuite avant de le rapatrier au Canet. J'arrive au chantier, juste à côté du stade. Encore le géant Suédois qui construit une énième annexe pour y vendre ses meubles en kit. Avant pour se la péter on parlait de commode ou d'armoire style Louis machin-truc, plus tard les générations futures chineront dans les brocantes des chaises Ïngolf ou des armoires Hävsta...la classe !
Je rentre sur le chantier et me fait jeter par le gardien car j'ai eu beau dire que les gars pour qui je charge vont bientôt arriver il veut rien savoir. Je ressort et attend dans la rue en warning, comme ça je fais bien chier le monde...15 minutes après j'ai le feu vert. On se dépêche pour charger les deux compresseurs et la centrale béton car le chantier ferme entre midi et 13h. J'en ressort à 12h05, mon copain le gardien me fait les gros yeux.
Je file directement au Canet, les deux acolytes vont s'arrêter prendre un casse-croûte sur l'autoroute. En sortant au Muy je me dis qu'il serait judicieux d'en profiter pour compléter mon gazole à l'Esso Express, vu qu'après je descends sur l'Italie. Une fois ravitaillé je monte au chantier, mollo sur la petite route. Cette fois on va vider un peu plus loin, vers le pâté de maisons où il y a un peu plus de place. En attendant l'arrivée de mes potes je désangle puis je grignote une bricole.
Une fois le 8x8 en place et calé on peut enfin vider. Un voisin profite du spectacle offert, visiblement ça le passionne. Il veut me guider pour mon demi-tour dans le chemin, voyant que je m'engage en marche avant il me dit non non il faut y aller en arrière, l'autre jour un camion toupie à fait comme ça ! T'inquiètes mon pote, je préfère me faire chier à contre-main lol !
Je reprends une dernière fois la D84, elle va me manquer !
Cette fois je ne m'arrête pas à Nice, pas envie. Je passe la frontière comme qui rigole, il n'y a pas la foule. Je fais tirer jusqu'à Savona où je m'arrête souper, peut-être que pendant ce temps-là ça va s'arranger sur Gêne, car pour le moment c'est moche. Avant de repartir je check l'appli indispensable du routman du 21ème siècle, bingo, le rouge a considérablement diminué ! Je passe la ville en perdant au plus 5 minutes. Je jette mon dévolu, et mon camion aussi, sur le parking de la Spezia. Il reste plein de place vers les pompes voitures, je me gare en vrac, à l'italienne. Je suis crevé, la journée a été riche en émotions !