Un peu d’exotisme cette semaine avec une boucle parfaite ou presque. Perso dans la vie c’est ce que je préfère, ne pas faire le même chemin à l’aller qu’au retour. Bien passé quand même, mais toujours du monde, de partout, jusqu’à l’écoeurement ou presque !
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Cap sur la Roumanie avec Tophe des transports Thevenon
En mars 2023 j’ai eu l’occasion de faire un transport entre la France et la Roumanie. C’est une destination rarement empruntée pour des français, pour tous les pays de l’ouest même ! Accompagné de Vincent un chauffeur des transports Poulard, nous avons pris la destination de Schela, à une vingtaine de bornes de Galati, ville d’environ 250000 habitants située en Moldavie roumaine. Bref, c’est carrément à l’est du pays, à proximité de la Moldavie tout court. L’Ukraine est toute proche aussi, l’occasion rêvée de se rendre compte à quoi ressemble le pays…
Pour rejoindre le pays il y a deux solutions au départ du 42, soit faire Italie-Slovénie-Hongrie et Roumanie ou bien Allemagne-Autriche et Hongrie. La deuxième solution à été retenue, la moins onéreuse compte tenu du prix du tunnel. En kilométrage ça se joue à pas grand chose. Qu’importe le trajet départ, la plupart du trafic PL se retrouve en Hongrie, et la fameuse douane de Nadlac ! La Roumanie, bien que faisant partie de l’Union européenne, est pour l’instant exclue de l’espace Schengen. Tous les véhicules et personnes sont contrôlées, les camions pesés. Le trafic en ce lendemain de jour férié en Hongrie est énorme car beaucoup de Turcs et de Bulgares transitent aussi par ici. Il nous aura fallu 7h et 12km de queue pour changer de pays…
Au début c’est plat, l’autoroute A1 est récente, bien revêtue. Des stations services modernes et d’autres en construction régulièrement. Bref, ça ressemble à chez nous, bonjour le dépaysement ! Puis soudain passé Faget, l’autoroute s’arrête subitement pour laisser place à la 68A. Là c’est viroleux, défoncé, bordé de parkings ressemblant à des champs de mines où jamais je n’oserai m’aventurer avec mon low deck ! Ça dure une quinzaine de kilomètres et ensuite on revient sur l’A1, ouf ! Le paysage devient montagneux, ça ressemble presque à l’écosse, au loin on aperçoit les contreforts des Carpates, la neige n’est pas très loin. L’A1 s’arrête à Sibiu, ça on le savait. Pour rejoindre Galati c’est un peu le casse-tête; on a demandé à plusieurs chauffeurs roumains, aucun nous a donné le même itinéraire. Soit le plus direct par Brasov, mais après c’est compliqué, les routes semblant pas très rassurantes, ou bien faire le crochet par Bucarest. Finalement on opte pour la capitale. On enquille donc la E81, route européenne avec un trafic de fous qui traverse les Carpates méridionales ! En fait c’est une route normale qui passe par la vallée de l’Olt. La moyenne en prend un coup, aucun bled n’est dévié et au vu du peu de travaux engagés l’autoroute n’est pas prête à être ouverte. Par contre c’est très joli, il y a un nombre fou de restos routiers, de stations de lavages, de marchands de tout et de rien installés en bord de route. On en prend plein les yeux ! Passé Pitesti on retrouve l’A1, mais la toute première version, ouverte en 1972. C’est défoncé par endroit et les rares parkings sont petits et il n’existe ni bretelles de sortie ni voies d’insertions ! Malgré tout, on arrive rapidement à Bucarest. La rocade, la DNCB, c’est, comment dire…tout d’abord on sort de l’autoroute pour déboucher directement sur un rond-point; évidemment ça bouchonne, et encore ce n’est pas les heures de pointe ! Ensuite, pour prendre direction le nord il faut carrément couper la 2×2 voie, au petit bonheur la chance ! ensuite c’est une succession de ronds-points et de feux. C’est carrément interminable ! On lâche la DCNB pour récupérer la E85 qui remonte sur Buzau. Il y a une espèce de BAU qui fait en fait office de voie de droite pour les véhicules les plus lents, comme les camions. Ca double à tout va, même si ça fait pareil en face. Là, je flippe carrément sur cette route. Les limitations de vitesse sont visiblement une notion abstraite du code de la route, ça déboule à tout va. Impressionnant ! Le vendredi soir nous nous arrêtons dans un routier à Rimnik avec 10h de volant depuis Timisoara. On y mange carrément bien pour 7 euros environ.
Le samedi matin nous rallions Galati par les petites routes coupant à travers. Ce n’est pas la meilleure idée mais c’est tellement typique avec les villages Roms et les charrettes à cheval ! On trouve grâce à truckfly un parking « sécurisé » en périphérie de la ville. En fait une espèce de terrain vague. Il y a des carcasses de voitures, des chiens errants comme partout dans le pays. Des camions immatriculés à Galati, principalement des bennes céréalières, d’où les chauffeurs remplissent des sacs en toiles de jutes pour alimenter certainement un marché parallèle de la céréale histoire d’arrondir les fins de mois…Beaucoup de camions Ukrainiens et Moldave aussi, mais aucun sanitaires. On demande au gardien de nous appeler un taxi qui pour 15 lei, environ 3€, nous conduit en ville où nous prenons une chambre d’hôtel, gratuite pour les réfugiés ukrainien, mais qui nous coûte 57€ pour deux. La vie ici est très peu chère pour nous mais sachant que le salaire moyen est de 800€ et le smic de 387€ net en Roumanie…
Le lundi nous récupérons les camions comme nous les avons posés, rien ne manque, et c’est bien le principal ! Le parking nous aura coûté l’équivalent de 6€ chacun. On vide nos skids sur un chantier à Schela; il est prévu que je recharge jeudi matin en Suisse vers St Gaal, Vincent recharge en Italie vers Brescia. Nous décidons de repartir par Brasov cette fois-ci, pour voir. On prend la route direction Adjud, puis la 11A jusqu’à Onesti. C’est bizarre, il y a des ponts limités à 25t, mais tout le monde y passe…ensuite la 11 qui coupe par les Carpates. Des panneaux indiquent interdit au + de 7t5 par essieux, on s’adapte aux locaux et continuons notre route. Toujours autant d’Ukrainiens par ici, le transport reste un maillon essentiel à la survie d’un pays, même pendant la guerre. Après Oituz la route grimpe la montagne, il y a des lacets mais rien d’insurmontable, les paysages sont magnifiques, et le crépuscule qui nous surprend avant Brasov ajoute à l’ambiance de la région. Ici vécut Vladisvad III dit Vlad l’empaleur, qui inspira l’histoire de Dracula.Brrrr ! Après Brasov c’est la route numéro 1 qui nous emmène à Sibiu, il fait nuit donc par conséquent on ne voit rien du paysage. Coupure après Sibiu sur l’autoroute, garés à l’arrache car les parkings sont blindés.
Le retour en Hongrie sera aussi une belle épopée, quasiment 5h pour arriver à la guérite roumaine où bizarrement on nous demande nos passeports et les cartes grises. Ensuite la guérite du garde frontière hongrois qui nous demande exactement la même chose. Évidemment tous les camions sont également pesés et les remorques ouvertes. C’est un passage à clandestins important ici depuis le conflit Syrien…
Ressenti personnel du pays et de ses habitants : tout d’abord je précise que c’est la première fois que je me rends là-bas. Les roumains sont au premier abord assez méfiants et froids. Puis en essayant d’engager la conversation en mélangeant de l’anglais, du français et de l’italien, les gens s’ouvrent, sourient. Les plus jeunes parlent anglais, les anciens beaucoup l’italien. D’ailleurs beaucoup de mots sont communs, et Vincent, sicilien d’origine, était ravi ! Curieusement j’ai toujours entendu dire que les roumains étaient francophiles, et bizarrement je n’ai pas pu converser en français, sauf avec notre chauffeur de taxi du lundi matin qui a vécu au Mans pendant une dizaine d’années, donc ça ne compte pas là !
Gazole à environ 1€45 le litre, pour nous c’est peu (enfin en 2023 !)
Les R12 Dacia sont encore bien visibles, ainsi que les carrioles tirées par un cheval.
Vu aucun radar automatique, quelques contrôles notamment de pesées. Selon notre taxi, il y a quelques contrôles radars à la jumelle, mais rares. Concernant le fameux bakchich ça deviendrait de plus en plus rare depuis que les policiers portent sur eux une caméra qui enregistre tout.
Très peu de camions étrangers, notamment les LT qui pullulent chez nous. Du Polonais, deux hollandais, un Irlandais, zéro français, si, un dans la queue à Nadlac quand on revenait, mais du Moldave et de l’Ukrainien à foison et évidemment tous les Turcs et Bulgares en transit.
Le voyage m’a plu, et j’y retournerai sans problème !
Un petit florilège du parc routier roumain
Carnet de bord 2023 – Phil26 – Semaine 16
Les affaires reprennent tranquillement avec la semaine N°16.
De l’exotisme, des nuits blanches de la bonne humeur aussi !
Si le corazon vous en dit, cliquez ici les amis, et gut farht !!!
Nurburgring 1988
Une série de photos collector de l’expo et la course sur le mythique circuit de Nurburg. Michel Heckel, passionné depuis toujours par le monde du poids lourd, y était et a fait chauffer son scanner pour notre plus grand plaisir !
Cliquez ici !
Nurburgring 1987
Flash back sur la course de Nurburgring avec les photos de Michel Heckel en 1987. Le matériel a bien évolué depuis, l’enthousiasme a dû bien baisser aussi depuis !
Retour vers le passé et la fumée qui pique les yeux en cliquant ici 🏁🏁🏁
Carnet de bord 2022 – Bertrand – Semaine 50
Une semaine bien frisquette pour Bertrand et son fond mouvant qui l’a amené jusqu’en Allemagne !
Gardez vos bonnets et cliquez là : https://www.fierdetreroutier.com/carnet/index.php?id_chauffeur=48

Carnet de bord 2022 – Phil26 – Semaine 49
3e semaine consécutive de passage en région parisienne. Sauf que là, pas de Champs Elysées, mais c’est l’A86. En resulte, une boucle presque parfaite !
Une semaine truffée de croisures avec des copains, la moyenne d’âge est élevée !!!
C’est en ligne ici : https://www.fierdetreroutier.com/carnet/index.php?id_chauffeur=17
Une semaine en’Ostalgie, la virée Berlinoise de Samu
Samedi,18h sur la place de mon village, je charge le sac dans la cabine, rempli le frigo de petits plats et desserts préparés par ma chérie.
C’est raide, encore plus qu’un lundi, je n’ai plus l’habitude de partir le week end, le truc que j’avais pas pensé en acceptant d’emblée le voyage suggéré via sms par Steph jeudi soir. Mais comme c’est pour traverser le Rhin voire un peu plus, je ne me suis montré guère hésitant.
A la sortie de ma place, à gauche c’est via Gérardmer, à droite via la Bresse. Aller pour la 2éme solution, j’ai à peine 3t dans la semi, plus montagneux, mais pas Gérardmer à traverser, où j’imagine que nombres d’automobilistes qui criaient pénurie tout au long de la semaine, sont quand même venus en week end.
La Bresse, c’est plus tranquille, presque mort comme chaque fois entre saison touristique, hormis le coup de trompes que je balance au niveau de chez papa maman.
Go la Schlucht, le col pour passer dans le Haut Rhin. Si on traine par là un samedi soir en général, c’est qu’on monte sur la route des crêtes pour aller manger sur les chaumes en terminant le repas par du fromage blanc au kirsch sans le fromage blanc.
Ce soir c’est ni l’un ni sans l’autre, et d’ailleurs elles ont dû presque toutes fermer pour redescendre leurs troupeaux dans les vallées haut rhinoises, automne et hiver approchant oblige.
Une fois dans la descente, les radios fm allemandes balançant du hit eighty comme ninety entre flash de circulation, inondent déjà la radio, SWR3, Regenbogen.
Cette fois ça y est, je suis dans le bain, la boule au ventre du samedi soir se passe tout doucement. La forêt vosgienne a des allures de cathédrales multicolores à cette époque. ça permet de faire l’impasse sur la sécheresse, et autre maladie type scolyte qui se remarquent tant en plein été.
Je passe à Munster pour la 1ere fois avec ce tracteur, un peu vite à mon avis sur les pavés, merci la suspension intégrale qui fait faire parfois n’importe quoi.

Papa m’appelle, il m’a vu passer tout à l’heure, il pense que je devrais arriver vers Karlsruhe, exactement ce que je vise, mais craignant quand même que je me fasse arrêter..Il n’a jamais été un grand fan de la Polizei.. Et il me rappelle qu’il trouve joli mon ensemble. Ce n’est que la 2éme ou 3éme fois qu’il le voyait vu que je me gare plus souvent à l ‘ouest vosgien.
Malgré qu’il est 19h30 passé, ça circule grave sur Colmar, les brasseries de chaîne des rocades se remplissent. Que c’est triste, est là que l’on trouve de l’eau de vie de mirabelles ou d’alisier comme sur nos hauteurs?

La N83 nord est également bien blindée, de camions aussi. Je reste à 80, j’ai complètement zappé l’emplacement des radars dans ce quartier.
A Sélestat, je garde l’A35, la N83 via Erstein est désormais interdite nuit et jour, ça fait chier, mais je m’en fous je ne viens plus ici toutes les semaines comme dans le passé, le lundi matin aux aurores, ce tronçon permettait de se maintenir éveillé contrairement à la soporifique A35 qui de nuit n’offre pas pas le magnifique panorama du piémont vosgien.
Je vais un peu arrêter de vendre les Vosges qui vont s’éloigner dans le rétro, mais vu ce qui est marqué dans l’enseigne du FH, je me dois d’en vanter une partie du texte car cette semaine n’aura plus rien à voir avec la choucroute, enfin si, un peu!
Je découvre le CGO, qui je suppose signifie Contournement Grand Ouest. Une sorte de A432 alsacien, dans 10 15 ans même pas, ce sera bordé de bases logistiques.
Je croyais que ce tronçon ne verrait jamais le jour, mais oublié les espèces rares qui étaient protégées, le lobby du bitume a gagné, surtout qu’il n’ont pas oublié le péage. Merci le quinquennat Hollande.
Il y a une aire de repos, l’aire de la Bruche, une Leclerc, et le prix du go y est affiché. Je m’y arrête et il y en a bien. Je mets les 200 litres consommés depuis Beaune vendredi matin en redescendant d’Ecosse. 2.050€/l.
Enfin peu importe, depuis peu, on apprend à ne plus regarder le prix, qui plus est quand il n’y a pas de files.
L’aire est fameuse. Il reste des places, ah non, c’est clôturé, il s’agit d’une aire de contrôle. C’est bien fait, mais ça reste riquiqui à côté de ce que j’ai eu à faire mercredi sur le M74 en Ecosse où les contrôleurs sont à l’abri pour inspecter nos véhicules dans les règles de l’art. Tout ça en portant la cravate sous les combinaisons de travail, l’élégance s(c)o british quoi.
Ici, malgré cette aire de contrôle, le parking est archi blindée de camions qui passent le week end. Bref, on a beau mettre le paquet, la mobilité à de beaux jours devant elle.
A35 jusque Lauterbourg, où mon tachy sonne la quatorzaine, 89h45, c’est bien fait, mais ce serait encore mieux si on pouvait avoir l’info en tout temps sur l’odb. C’est un des rares défauts de ce camion, mais pas des moindres. J’espère que mon garage trouvera la solution car c’est un peu énervant.
Ici, au vieux poste frontière de Scheibenhardt, rien a bougé depuis 6 ans passés, toujours un peu de lumière dans les vieux bâtiments de la PAF et il reste un peu de place. J’avais un autre plan pour passer mon dimanche. Et puis j’ai réservé et payé déjà mon trajet avant de partir tout à l’heure via l’appli toll collect. Il me reste 40 kms à faire. J’arrive à l’autohof de Schwegenheim, sur la B9 au sud de Speyer vers 22h10.

C’est bien rempli aussi, mais reste quelques places, pas les plus simples, à l’équerre à contre main. Il pleut toujours bien, je m’aide de la caméra pour la manœuvre mais descends voir sans arrêt si ça passe. Un collègue garé 3 ou 4 camions plus loin descend pour venir m’aider, et me dit trés bien en français avec un fort accent germanique.
C’est soit un un Planzer CH ou un Vogel autrichien, j’essaierai de creuser demain.
Je file à la station payer le parking, et honnêtement 2 nuits, vu que je ne repars que lundi matin. 15€ par nuit incluant 10€ de repas. 30 pour le tout donc, on a même plus une seule nuit pour ce prix là quelque soit l’endroit en GB.
Ici, ça a toujours l’air aussi top. La station , le resto, les sanitaires..
23h, au lit, et sans le réveil.
Dimanche 16/10/2022
La place à vacante à côté s’est comblé hier soir, par 2 MP que l’on dirait neufs, avec l’étiquette de fabrication au pare brise et roue de secours sur le châssis, certainement sortis de l’usine proche de Wörth, mais déjà immatriculés dans la région de Suceava en Roumanie.

C’est un dimanche sur route classique qui va se dérouler, entre petit dej, ménage, et peut être bricolage si la tendance du beau temps se confirme.
Après un repas au coffre comme les vrais, je fais un tour dans la zi. Ce qui change radicalement de la GB, c’est la plupart des cours des boîtes qui ne sont pas clôturés. 2 3 photos de matos qui traine, puis un tour de parking. Un peu de tout, mais un Iranien quand même, quelques allemands ou hollandais authentiques, mais si on enlève les Hegelmann pour la plupart immat D, ça libérerait un tiers du parking au moins. On est pas loin de Karlsruhe.
Comme il ne pleut toujours pas, j’attaque un chantier qui me titille depuis que j’ai la semi, redresser le hayon. Il a été livré un poil de travers, je n’avais même pas remarqué à la livraison. C’est Nicolas qui a remarqué ça, ainsi que José un jour à Jarcieu, 2 gars minutieux quoi.. C’était des cales qui n’étaient pas dans le même sens en étant coincées sous le longeron du châssis sur un côté. Un problème au montage à Zaragoza sans doute, mais la cause était la traverse qui tient les tampons qui n’était pas non plus dans le bon sens. Une bonne douille de 24, avec une clé puis du cliquet et le tour est joué en une bonne heure. Les voisins roumains de Suceava viennent regarder ce que je bricole.
Eux avec les MP qui sont bien neufs d’hier, ont des soucis aussi. L’un a déjà ses batteries nazes, je comprends mieux pourquoi il laissait tourner son moteur. Je croyais que c’était que les Volvo qui avaient des soucis de batteries, et que ça faisait rire tout le gotha du transport en général, et parfois même des lobbyistes du béton.. Et l’autre a trouvé un rat dans sa cabine, il me montre la photo. Charmant le made in germany.
Pour finir cette journée finalement vite passée, je file à la douche, toujours aussi nickelle ici. On est carrément dans un autre monde. Depuis la dernière fois que j’ai pu prendre une telle douche douillette en route il y a quand même eu le oui au référendum pour le Brexit, l’élection de Trump, la victoire de la france à la coupe du monde, les gilets jaunes, une pandémie mondiale, le brexit dans les faits, l’invasion de Poutine en Ukraine, une grève sans précédent dans les raffineries françaises et j’en oublie certainement…Ah oui dans tout, un voyage en famille à Berlin en 2018, ça rapproche du thème.
Je passe au resto utiliser les vouchers, enfin appelés ici gutschein. Y a toujours l’escalope du tessin sur la carte, ça fera l’affaire, arrosée d’une bonne weizen, j’ai transpiré cet aprem.
Lundi 17/10/2022
Je mets en route à 5h, il faut être lève-tôt dans les pays qui sont du matin. J’ai 120 bornes jusque ma livraison à côté de Mayence. ça roule bien, encore possible de doubler un peu jusque 6h. J’arrive au client d’industrie agroalimentaire à Hochheim à 6h30. C’est déjà ouvert. J’avais 7h sur mes papiers. ça vide tranquille, le temps de remballer les sangles, j’ai les 45 minutes, perfekt.
J’ai 570 kms à faire pour aller recharger, go Berlin!
La circulation s’est un peu intensifiée mais rien de méchant, l’arrivée sur l’A5 à Frankfurt par l’A66 passe bien. Cette ville n’a jamais été la plus pénible d’Allemagne niveau circulation.

Nach nord ost pour la suite, l’A5 jusque Kircheim et le début des côtes toujours aussi raides une fois l’A4 qui file à l’est. A vide ça va plutôt bien, et de bons tronçons en 3 voies ont vu le jour depuis mes derniers passages il y a plus de 6 ans.
Au loin, avant Eisenach, on aperçoit les montagne de potasse ou quelque chose comme ça, je les avais aperçues depuis le hublot de l’avion quand on était allé à Berlin en famille.
Eisenach, c’est l’ancienne frontière RFA DDR sur cet axe.
Après c’est franchement bucolique, à part un méga bouchon dont ils ont le savoir faire même en pleine pampa vers Erfurt qui me fait perdre 30 minutes. Je préviens le client que ce sera plutôt 16h bien sonnés sur le chantier Berlinois.
Je fais la pause à Jena (Iéna) où j’avais repéré un Dekra à une sortie afin d’aller acheter une umwelte plakette pour être en règle dans Berlin, c’est la vignette crit’air du pays. Le truc qui ne reservira peut être jamais, mais ça fait un souvenir typique à 5€ sur le pare-brise.

Je casse la graine pour achever les 45 minutes et enregistre la rue qui est à retenir comme plan de stationnement, toujours pareil, au cas où je reviendrais un jour dans le quartier.
Une fois l’A9 qui file au nord, c’est du billard malgré toujours quelques zones de travaux.
Niveau matériel croisé, on se régale moins qu’en GB. Beaucoup de polonais ou d’allemands sauce bien kitsche. Je double une remorque immatriculée à Lö (Lörrach), ça m’attire l’oeil, et oui, le porteur est immatriculé dans le F68. Ce sera le seul français vu ce jour.
J’arrive sur Berlin par Potsdam et l’A115, où on voit encore le poste frontière qui quitte la DDR pour rentrer dans Berlin ouest. Plus loin les vieilles tribunes du vieux circuit Avus et c’est le ring 100.
ça bouchonne un peu pour faire les 10 dernières bornes, et autant en ville où encore une zone de travaux fait perdre du temps.
Je préviens encore le client de mon arrivée imminente. Ils m’attendent dans une petite rue qui donne au sud de la Potsdamer Platz. Le p’tit jeune de la maison, Baloo a essuyé les plâtres il y a 2 semaines.
François et ses 2 collègues me font signe pour m’indiquer le square où reculer avec leur aide. On déballe le hayon, et le chargement de luminaires prend à peine une demi heure. Toujours efficace cette équipe.
Me reste à sortir de la ville pour boucler la journée. Pour mon plus grand bonheur, maps me fait traverser toute la place de Potsdam, puis aller au nord en passant devant le mémorial de l’holocauste, la porte de Brandebourg où je file vers l’ouest pour retrouver le ring via l’avenue du 17 juin, mon boulevard en quelque sorte. Impossible de garer dans les parages pour the photo, je me contenterai plus loin d’une photo juste après le rond point de l’Etoile (Grosser Stern) .

Aussitôt sur le ring, aussitôt sur le rasthof de Avus, à côté du circuit dit plus haut. Testé il y a peu par notre Bleu Range Lyonnais du Pilat préféré!
C’est vaste pour se garer ici, en plus je peux valider une 11. Mais pas plus, Franck, la saucisse de Toulouse m’ a envoyé un complément sur le chemin du retour.
Ben quoi, il nous appelle toujours par des noms de salaisons locales, butifarra, salsicha, frikadelle…. Aujourd’hui j’ai quand même eu droit à un “salut tête de wurst!”
Mardi 18/10/2022
La 11h terminée, je file à 4h30. Toujours pas de public dans les tribunes de Avus pour ovationner ma performance de lever tôt.

Il se met à pleuvoir, c’est peut être plus logique à cette époque dans la région que les 26 degrés d’hier. Je recharge sur le D99 qui est vaste, c’est à la limite nord de la Thuringe et de la Basse Saxe. Je descends bien au sud de Halle pour filer par full A38 qui est terminée maintenant de Leipzig à Göttingen. J’y traînais aussi pas mal dans ce quartier qu’est le Harz à l’époque Gefco, c’est un massif à cheval sur plusieurs länders. J’aurais pu marquer sur l’enseigne, Vogesen Harz.
Je stoppe à un autohof au pif vers Sangerhausen pour une douche et un petit dej.
Pas du grand standing allemand mais nickel. Une petite heure plus loin j’arrive au bled paumé de Ellrich après des routes étroites avec de forts dénivelés genre 8% . Je me demandais si j’étais repassé à l’ouest car ça frôle le sud de la basse-saxe mais un vieux Kolkhoze qui traîne encore par là vient rappeler le contraire.
C’est une usine de plâtre, ça va assez vite, par un côté, pratique pour sangler. Juste un hic, le poids, un peu lourd par rapport à la 1 ere partie de la semi. Mais ça ne dépasse pas trop les essieux.
Une heure plus tard, je fais vite le test sur le tronçon de mauvaises routes pleines de feuilles, ça accroche, mais j’y vais mollo et bloque la bv en manuel.
Il vaut mieux car je redescends par l’A7 plus loin avec les côtes de Kassel à passer.
C’est toujours aussi stressant ici, ces côtes, le monde, les travaux. Quand j ‘y passais toutes les semaines, j’en avais marre de l’allemagne par moment, je le conçois.
Mais pas de perte de temps, ça roule aujourd’hui.
Pause repas vers Alsfeld et file vers Francfort qui passe aussi à la régule, c’est milieu d’après midi.

Sur l’A5 jusque Darmstadt, il y a des caténaires, un truc expérimental encore qui a été pensé avant les crises énergétiques.

Je bifurque côté A67, où il y a toujours des petits rasthofs tranquilles Je choisis celui de Lorsch avec 8h45 de volant. Sinon le prochain était à 45 kms et ça cassait une 10h.
Franck m’envoie un complément sur Strasbourg demain, vu l’adresse je descendrai pas full A5 jusque Offenburg. Bravo ,Franckéfort quand même!
Mercredi 19/10/2022
Lever à 4h, pour une douche à l’allemande même de rasthof, ça se passe toujours bien.
Café et croissant déjà dispo à la station je démarre à 5h15 sur l’A67 süd déjà mouvementée. A5 jusque Offenburg parsemée de quelques zones de travaux par ci par là, je passe le Rhin vers 7h et arrive au client peu de temps après. C’est la grosse usine de boîtes de vitesses à droite avant le centre routier. J’attends un peu avant de rentrer. Je vais au parc à vides pour charger 4 piles qui finalement passe sur 3 grâce à la hauteur en levant la traverse arrière, ça fait une petite place vacante de 1.20mx1.20m. Rapide et sympa, rare dans l’industrie automobile, encore plus de nos jours car c’est devenu un monde infernal que cette industrie.

Je repars à 8h15, rien à rajouter pour le moment, Franck n’a pas trouvé une palette de knacks qui trainait dans le quartier. Je file au sud par la 83 cette fois. C’est interdit, mais je déroge grâce à la Total à Fegersheim, accessible désormais dans les 2 sens avec une rond point au feux. Pas de file aux PL, je vais compléter mes réservoirs en bon français que je suis. C’est limité à 300l, à 1.878, c’est toujours bon à prendre. Je fais l’Adblue en prenant mon temps histoire de valider 30 minutes quasi sous les pompes, j’avance pour les 10 dernières minutes car du monde arrive.
Une journée de route se profile, pas de douane, pas de ferry, c’est cool quoi.
Je quitte l’A36 à Besançon, rien ne va mal pour arriver à Jarcieu ce jour, et histoire de trouver du pain. Pas de bol, c’est fermé à Buvilly.
Tant pis, je me rabat sur l’inter de Poligny. Au départ j’y vais pour du pain, mais je ressors avec une salade et un morceau de Morbier, et donc valide 15 minutes. Je continue full natio, et casse la graine à Beaufort sur l’immense parking de l’usine tredi.
Je retrouve l’autoroute à Bourg, Lyon par A46 et j’arrive à Jarcieu vers 17h.
Jose me file un coup de main à dessangler et à vider les lots espagnols.

18h, les sangles sont rangées, le camion aussi. Je fais un peu office de tourisme berlinois autour d’une bière auprès de Moriaud du prénom Philippe, Christophe et Lucas. Cette ville attire.
Demain fin déjà de ce beau périple.
Je suis allé au lit tôt, et j’ai bien fait. Tout comme de me garer à côté du mulet à Christophe. On est sûr que ça ne va pas se mettre en route à 4h du matin. Du coup bien dormi.

Démarrage à 6h30. Il commence à pleuvoir. Je suis content de ne pas avoir pris la décision de laver hier soir ou ce matin.
Déjà du monde dans le boeuf, je monte tranquille à la file avec mes 3t, ce serait dommage de finir ce tour exceptionnel par une touche négative.
La pluie s’arrête une fois passé Valence en enquillant vers Crest.
Ici c’est toujours plaisant niveau paysages, même par un temps gris aux aurores.

Les berlinois de Eurre sont déjà rentrés au bercail, on pose le hayon sur la quai, et c’est vide en 30 minutes, matos, sangles et gommes remballées.

Voilà, fin de carnet de bord exceptionnel car voyage exceptionnel qui me tenait à coeur de raconter. Que du plaisir de revoir ce pays qui m’a donné du taf pendant une vingtaine d’années. Mais aussi de prendre conscience que finalement en GB tout ne va pas mal, notamment surtout au niveau de la circulation qui est bien moins stressante.
Bref, il faudrait pouvoir aller partout de temps en temps, et le monde du transport serait un idéal d’épanouissement.
Au plaisir

Carnet de bord 2022 – Phil26 – Semaine 43
Pour une fois, j’ai presque pas fait de vallée du Rhône, et c’était cool. Un tour de la vieille Europe, des clients au poil et pas de soucis !
Bien sûr, on passe plus de temps à regarder ses heures que le paysage, mais c’est ça la vie de routman en 2022 !
De bonnes croisettes et presque pas de bouchons, j’ai dit presque, et c’est en ligne ici : https://www.fierdetreroutier.com/carnet/index.php?id_chauffeur=17
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Ambiance Allemagne : 215 nouvelles photos
L’allemagne sous toutes ses coutures, les jolies comme les moins belles !
C’est ici que ça se passe, avec la gross particpication de Herr Juju Berliner : https://www.fierdetreroutier.fr/piwigo/index.php?/category/189 et il faut avoir le coeur bien accroché parfois…





