Kévin : 15 ans pour trouver sa voie !

Quinze ans, c’est le temps pendant le lequel j’ai tourné au tour de cette décision. C’est le temps qu’il aura été nécessaire pour être suffisamment mature pour passer le cap et allez au bout de ce qui était pour certains, un caprice.

Le 4 janvier 2019, TFE Chambéry officialise mon contrat de professionnalisation pour passer le titre Professionnel Conducteur poids lourd. Une formation d’environ 3 mois qui m’a donné le permis C, la FIMO et l’ADR de Base. La formation s’est étalé du 25 janvier au 4 avril, ensuite direction l’entreprise, la demande des différentes cartes (Chrono et Permis) et l’attente. En attendant je suis partis en double en tant qu’assistant manœuvre (ou pousse palette comme vous voulez), agent de quai, agent de parc et boum, le 11 Mai les RH me confirment avoir reçu ma carte Chrono !

Mardi 14 mai 4h40 j’arrive au dépôt, j’ai dormi en pointillé, un mélange d’excitation et d’appréhension dans le ventre. Je suis en double avec  Nounours, j’ai déjà fait 2 semaines avec lui mais cette fois c’est moi le pilote. Pour vous situer Nounours, c’est un ancien, 23 ans chez TFE, il connait son boulot sur le bout des doigts, il n’est pas très bavard et surtout il est assez imposant.
Son surnom ne vient pas de rien, il est très gentil mais faut pas le chatouiller ! L’exploite se fait régulièrement envoyer chier et il connait tellement bien la boite qu’il est capable d’anticiper le boulot de l’exploitation.

On charge le camion et à 5h35 on est prêt à partir, je suis derrière le volant, enfin !! Direction Aime et Bourg St Maurice. Cette première journée aura coûté un bas de pare-chocs et un marchepied au camion de Nounours … Une marche arrière pour livrer un lycée, n’ayant pas pu repérer le chemin avant, j’ai pris trop large au dernier virage à 90 et crac … En guise de punition, le lendemain il m’a fait monter en marche avant pour que je galère à faire demi-tour dans la cour du lycée.

J’aurai pu avoir pire.

J’ai été formé à l’ancienne, pour apprendre tu fais et tout ça m’aller très bien ! Je me suis vite senti à l’aise et les siestes de Nounours peuvent  certainement être utilisées comme argument en ma faveur. Pas mal de manœuvres compliqués, de passage étroit et des chargements pas
toujours simples mais toujours. Il m’a laissé faire mes bêtises, il a pris sur lui un carton de vin que j’avais cassé, bizarrement personne n’a rien dit ^^.
Depuis début Juin je roule seul et j’ai pu apporter une réponse à la question que je me posais en 2012, pourquoi cette envie de prendre la route ? Paradoxalement pour le calme que m’apporte la conduite, je dis paradoxale parce que bon sens que les gens conduisent mal par moment … Mais
finalement c’est ça, la conduite me détend. Le boulot n’est pas toujours rose, les clients sont parfois pénibles ou simplement leurs accès, on charrie de la palette toute la journée et pas toujours des petites. Bref je ne vais pas vous expliquer ce que tout le monde sait, mais malgré tout, je me sens bien.
Nounours a laissé des traces, je ne veux pas qu’on me charge le camion, je veux pouvoir vérifier mon chargement de surgelé avant de charger le frais, je veux charger le frais parce que des fois je sais que tel client se fera avant ou après. Partant du principe que c’est moi qui vais m’amuser le
reste de la journée, je veux m’en prendre qu’à moi si j’ai mal chargé le camion.

Quinze ans … Et il aura fallu 15 jours en solo pour comprendre pourquoi j’ai tends voulus faire ce métier.

Transports TLR – Livron (26)

André Espeisse, est le fils d’Alfred, routier chez Borel. Après des études de topographie, l’avenir de Dédé est tracé, il participe à de gros chantiers sur la vallée du Rhône, c’est nottement lui qui implantera l’A7 au niveau de Livron-Loriol, il ignore à ce moment là, qu’il batira sa réussite sur ce bout d’asphalte. Sportif, il va travailler tous les jours à vélo parfois à 30km de son domicile (et rentre même à midi pour manger), et le samedi il enchaine les match de rugby. C’est à la suite d’un match ou il s’est blessé, qu’il décide de partir à l’aventure et de s’installer à son compte dans le transport en octobre 1967.

Nous avons démarré notre affaire avec la Grenobloise. On faisait du TIR : Autriche, Italie, Danemark, Suède, Allemagne et Benelux. On transportait pas mal pour Caterpillar. A ce moment-là, nous arrivions déjà à faire 2 allers/retours sur la forêt noire en Allemagne ou même Linz en Autriche, avec nos FIAT 643 (porteur et 619 semi)..

Nous avons commencé sans le téléphone, il fallait se déplacer à la poste du village, nous sommes resté comme celà les 2 premières années d’exploitation.

A partir de mars 1972, nous avons participé au développement des transports Debeaux, avec 2 , 3 puis 4 camions affrétés en permanence chez eux. Notre porteur Fiat a été revendu au profit d’un Berliet 250.

Au fur et à mesure de la multiplication des agence en France chez Debeaux nous avons laissé tomber car, les agences telles que celle d’Armentières dans le nord favorisaient leurs chauffeurs et affrétés, si bien que nous perdions du chiffre d’affaire.

Dans le même temps ou nous développions notre affaire, nous avons participé aux grands travaux de la vallée du Rhône, comme la centrale nucléaire de Cruas, et divers chantiers comme le desenclavement du village de Marcols les eaux en Ardèche.

Avec le Berliet 6*4 et le TR260, nous avons fait les betteraves pour Beghin, et j’ai cédé par la suite mes contrats, à Serge Vidil, et moi, j’ai récupéré les siens chez Intermarché…

Dans les années 70, Renault et UNIC organisaient des concours, mais je n’ai jamais gagné, j’ai été 6e….

Alors même que je viens de laisser tomber les chantiers, je developpe les contrats Intermarché. C’est une aubaine à cette époque : 12 camions tournent pour la base de Loriol, ils nous obligent tout de même à nous équiper de G290 « pigeonnier », nous allions jusqu’à Dole, et faisions pas mal de km. Mais au fur et à mesure de l’ouverture de nouvelles bases, les circuits se sont réduits.

En 87, mon fils Fabrice obtient son permis C, et nous avons attaqué la ligne TFE sur Strasbourg et Paris. Au départ avec un R340 et un F12. J’ai recuperé aussi un 88 chez Intermarché sur l’instance d’un de mes chauffeurs (Alain26) pour qu’il fasse de l’Angleterre chez ND. Las des mauvaises habitudes de ND nous avons par affreter nous mêmes nos camions.Au fur et à mesure que nos chauffeurs Intermarché goutaient à la ligne que nous démarrions sur l’italie avec de la feraille, ils ne voulaient plus tirer les palettes et les chariots, 2 d’entres-eux ont même tout plaqué pour s’installer dans le 05, ah!!! ces bergères!

Nous développions donc le trafic entre la vallée du Rhône et le nord de l’Italie, via les routes des chèvres, Gap, Briançon, Montgenevre, été comme hiver, et 2 A/R semaine, avec 6 camions qui tournaient simultanément sur la ligne. Nous n’avons connu qu’un seul accident sur le Montgenevre avec notre plus ancien chauffeur, qui heureusement s’en est tiré avec une bosse!

Par la suite, j’ai eu une offre d’achat, j’ai tout revendu, mes chauffeurs ont suivi l’acheteur du 06. J’ai juste conservé un benne pour m’occuper en régional. Peu de temps après, un incendie criminel à ravagé 4 de mes 10 camions, dont 1 neuf, encore pas immatriculé, ni assuré. On cherche toujours le coupable. Financièrement on a bien dérouillé, ma santé aussi en a pris un rude coup, je n’ai plus pû travailler pendant 8 longs mois. Je tiens à remercier le directeur de Debeaux qui est venu à notre secours au moins moral, Volvo nous a bien aidé aussi, les clients, notre famille et nos amis. Par contre je n’ai pas repris ma carte de la FNTR qui sait prendre l’argent des cotisations mais vous oublie lorsque vous êtes dans la panade.

Composé essentielement de DAF, les camions TLR continuent aujourd’hui encore les allers retours réguliers pour le compte de la STEF entre Nice, Avignon, Athis Mons et Strasbourg.