Franck Marty, le chauffeur multi fonctions

Depuis que j’ai lu le fabuleux portrait de mon camarade de chambre et d’école à Andrésy où nous avions obtenus nos CAP de conducteurs routiers, Yannick alias Yaya m’a motivé à vous livrer le mien.

Moi je suis un fils de fonctionnaires et j’ai grandi dans un monde bien éloigné du transport routier. J’avais cependant un souci ; le moment préféré de mes vacances était les trajets…. Eh oui la route. Et plus on allait loin mieux c’était. C’est venu comme ça.

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La belle carrière de Michel Cosolo

Fraichement diplômé d’un CAP mécanicien auto, Michel Cosolo passe ses permis en octobre 1970, il a 18 ans.

Michel travaille alors pour les transports Clerc d’Agen. Il connaît déjà bien l’entreprise puisque son grand frère y travaille déjà depuis un moment, et il a l’habitude de partir avec lui. C’est une très bonne formation ! A ce moment là, les voyages s’effectuent à bord d’un Magirus Jupiter ou de Berlier TR. A noter, que le Magirus n’avait pas de couchette, qu’il fallait dormir en travers des sièges !

Après l’appel de l’armée en  1972, un an sous les drapeaux à Compiègne, il reprend son service tout naturellement chez les transports CLERC en 1973, dès qu’il a une permission, il reprend vite le volant.

Mercedes 1932 LP
Lors d’une permission militaire, Michel prend ce LP1932 tout neuf pour vider du jus d’orange à Nuit St Georges et recharger de l’huile de Colza à Compiègne

Un peu de citerne alimentaire, beaucoup de viande pendue qu’il faut souvent décharger à l’épaule, et toujours en Mercedes LP, puis NG. Les destinations sont variées : Italie, Espagne, Allemagne, Est de la France.

A la fin des années 70, les premiers Mercedes NG sont intégrés au parc des transports CLERC. Il faut alors aller récupérer les tracteurs neufs à Strasbourg, puis, en solo aller jusqu’à Avranches dans la Manche chez CHEREAU pour y atteler des frigos flambants neufs.

Toutes les bonnes choses ont une fin. En 1984, Clerc prend sa retraite et revend son affaire à Oertli. STG était sur les rangs, mais c’est OERTLI qui l’a emporté, malheureusement d’après Michel.

La dure vie des viandars !

 

Chez Oertli, Michel fait de moins en moins de viandes pendues, mais beaucoup plus de produits frais. En 1990, les transports Oertli se séparent de leur 4 petites agences dans le sud ouest. Il sera finalement licencié, mais avec avec belle somme à la clé. Une page se tourne malgré tout.

Michel connaissait alors le pere DELAGNES, et il l’ a embauché pour remplacer un chef de centre à SALON DE PROVENCE. Il y est resté 3 mois et BASTA c’était pas son truc la messagerie !

 

Par le plus grand des hasards, il prend contact avec CAMI de Bordeaux. Pour faire de la viande entre Bordeaux et Nice avec retour en primeurs ; 2 fois par semaine. Il enchaine les aller retrours avec son MAN, quand un samedi matin de 1994, Cami disparait corps et bien, personne ne l’a jamais retrouvé. Les transports Olano prennent alors la suite des affaires, mais Michel n’y reste pas et intègre les transports Marcot d’Agen pour faire du primeur toujours sur l’axe sud est.

 

MAN transports JC Cami de Bordeaux

Pour terminer sa carrière, Michel intègre les transports Delsol qui avaient 6 camions sur AGEN et qui bossaient avec UPSA. Retours à vide quelque soit la destination, France, Espagne, Italie, Belgique embauche !  CLUB MED !! Et ce jusqu’à sa pre-retraite fin 2009 !

L’hommage de Christiane pour son père Jean Fayolle

Jean Fayolle, est décédé en mars 2020, pour lui rendre hommage, Christiane, sa fille a demandé à retrouver les photos de la longue carrière de son père. Voici, sa biographie, son parcours complet ici.

Né le 15 mai 1935, Jean Fayolle passe ses permis le 07 Février 1954  avec un Saurer Begey. Il  prendra sa retraite le 15 Mai 2000.

Mon papa, a passé toute sa carrière comme économe de l’école d’apprentissage des Automobiles Peugeot à Sochaux, ma maman, d’abord secrétaire au bureau des méthodes Peugeot, ensuite commerciale dans une maison de matériaux de construction, rêvaient pour moi, d’une situation en rapport avec l’activité faîtière de notre région ; Peugeot.

C’était bien sur sans compter sur mes aspirations, à savoir : « conduire un camion », je les ai beaucoup déçus, ils me voyaient déjà suivre leurs parcours « Peugeotiste », or, dès ma sortie du « bahut » je me précipite chez notre voisin, les Transports BEGEY de Sochaux, (les parents fondateurs de la SA BEGEY que tout le monde connaît).

Chez, eux, bien sur, au début en 1954, j’accompagnais les chauffeurs de la maison…c’est eux qui m’ont appris à conduire un camion, et paradoxe, c’est moi qui plus tard et a mon tour ai appris à conduire aux trois fils BEGEY, Claude, Jean, et Michel.

Rapidement, je fus en mesure de me débrouiller tout seul au volant, pas regardant du tout, Georges BEGEY, le patron me laissait partir tout seul (sans permis), avec un vieux Berliet ou il avait installé une « Poclain », j’allais à la gare de Montbéliard, décharger des Wagons de Charbon, ou chez Marty charger la « tournure », j’ai eu mon permis du premier coup en 1956 avec le vieux Saurer de l’entreprise, mais là une coupure est intervenue…j’ai été appelé au service militaire…..le 35° Régiment d’ infanterie de Belfort…je n’étais même pas chauffeur…j’étais à la musique…et j’ai quand même fini caporal.
Revenu à la vie civil très rapidement car marié et chargé de famille, je reprend le volant d’un tracteur Saviem JL 20 (Ex Somua) toujours pour Georges BEGEY, mais le salaire n’étant pas très élevé, je décide de partir travailler en Suisse .


Je repasse mon permis de conduire Suisse en 1957, Payerne Transport, m’engage immédiatement, j’ai un camion remorque Saurer 120 Cv, direction à droite, je livre de l’eau minérale d’ Henniez, dans toute la Suisse , travail pénible s’il en est, presque plus manutentionnaire que chauffeur, un peu plus d’argent certes, mais à quel prix…,

Lassé de ce genre de sport, je reviens « chez Begey » en 1964, là, cette fois, j’ai un Mercedes LPS 333 de 220 CV, une Coder « caouflex », je roule pour Gondrand (c’est à ce moment là que j’apprend à conduire aux fils Begey) j’y reste jusqu’en 1966, ou des circonstances familiales incitent à notre retour en Suisse.


Cette fois dans de meilleures conditions, deux « tests » de repérage, et pour finir je trouve un patron super, les Transports POULY de VEVEY, au bord du Lac Léman, une maison dans le vignoble, un boulot pépère (Lausanne Lancey avec du papier de récupération et St Egrève Vevey avec du ciment prompt, un salaire confortable, le pied quoi ! En octobre 1969 là s’arrête ma carrière de « chauffeur salarié ».

>Un petit patron, Michel SAVARY, me téléphone un soir, pour me demander si par hasard, je ne pouvais pas aller rechercher son camion qu’un de ses chauffeur avait abandonné à Istanbul, j’en réfère à mon patron, il accepte de me laisser partir à la condition bien sur que ce soit pas a sa charge.

Une nouvelle vie va commencer pour moi, rendez vous est pris pour le lendemain à l’Aéroport de Cointrin, avec mon passeport, et une petite valise, Michel a acheté mon billet et m’a donné 6’000 Francs Suisse….c’est parti .

  • 1969 Multan au Pakistan pour livraison de tuyaux pour l’entreprise Dumez –  Passage par l’Afganistan, Kaboul, le Kibert pass (refuge de Ben Laden)
  • 1974 Doha au Qatar, livraison de pièces détachées Caterpillar, chargées à Anvers pour le Compte d’ Astran International de Londres
  • Catania en Sicile avec des machines d’ imprimerie au départ de la Suisse
  • Jerez de la Fontera (Cadix) Chargement de Vin de Xeres pour la Suisse
  • Lisbonne Portugal  livraison de Groupage  pour Danzas Bâle
  • Jönkoping en Suède pour livraison machines d’imprimeries  au départ de la Suisse

 

Album photos :

 

Des histoires

Dans le talus à Aksaray (Turquie)

En février 1983, j’ai eu un très grave accident de voiture. Un ivrogne roulait à contre sens sur l’autoroute Genève Lausanne, la femme d’un des chauffeurs qui conduisait ma 604, n’a pas pu l’éviter, elle a été tuée. Moi qui dormais sur le siège de droite, je me suis réveillé 10 jours plus tard à l’hosto. 5 camions étaient chargés pour partir ensemble à Riyad, 2 par le Mont Blanc et les 3 autres par le St Gothard. Du fait de l’accident, le mari de la conductrice de ma voiture et moi-même étions indisponibles pour ce voyage.

Mon fils Jean Claude a alors du faire face au problème, trouver 2 autres chauffeurs, faire les visas pour ces nouveaux. Les camions étaient en TIR, alors ne pouvant pas partir tout de suite, il a du les mettre « sous douane ». Enfin un tas de misères, ils sont tout de même partis, il conduisait le Mack, les deux « nouveaux » chacun un Volvo. Arrivés en Turquie, l’hiver n’était pas du tout fini, toujours beaucoup de neige, entre Ankara et Adana. A Aksaray la route était enneigée, le bord pas très visible, alors en doublant un camion en panne, la semi qui était il est vrai un peu trop chargée sur le cul, est partie au talus de l’arrière… elle était chargée de 24 tonnes de planches, alors pour tout sortir de là, j’vous dis pas. Chaînes, remorquage par les deux autres camions à la fois, rien n’y a fait, (sauf au pare choc), alors la solution adoptée: décharger la remorque, la remettre sur la route, recharger….tu parles d’un binz ! Cependant c’est comme cela qu’ils s’en sont sortis.

Le pire dans l’ensemble de cette histoire, c’est que l’affréteur de Garonor (je tairai le nom) si, tant que les camions n’étaient pas arrivés à Riyad, s’est montré charmant et compatissant envers notre malheur, dès qu’il furent arrivés, il nous a adressé une lettre AR nous indiquant que nous n’avions pas rempli notre contrat, et que de ce fait, il ne nous paierait pas le solde des voyages, imaginez la perte…

Une vraie catastrophe celle là aussi, une jeune femme de 21 ans tuée, la voiture broyée, moi, 3 mois à l’hosto, des broches partout, plus de chailles, 6 mois à me remettre, la casse à Aksaray, la dédite de l’affréteur, un peu découragent quand même, non ?, tout ça à cause de qui : eh bien, d’un ivrogne qui roulait sans permis et bourré comme une cantine à contre sens de l’autoroute, il n’a même pas eu une égratignure, ce salaud là , mais quand même trois mois de tôle, c’est la moindre des choses, non ?

Le mari de la victime a touché par l’assurance de ma voiture 50’000 Francs Suisse pour le décès de son épouse, il en a profité pour s’offrir un voyage au soleil, et pour se consoler, il a emmené avec lui, la meilleure amie de sa femme…un enfoiré de plus…

Quand à Jean Claude et son équipe, après avoir déchargé la marchandise, deux camions avec les chauffeurs de remplacement ( ce n’étaient même pas des routiers, c’étaient des paysans qui avaient le permis PL) sont rentrés tout de suite, Jean Claude et les deux autres sont restés deux mois en Arabie Saoudite, ils ont effectué des transports « sauvages » pendant tout ce temps, heureusement, ça nous a bien refait, on en avait bien besoin, et surtout, ça nous a permis de continuer, mais l’ambiance n’y était plus, j’ai du arrêter 3 des 5 camions en attendant des jours meilleurs pour moi et ma santé….elle est pas belle la vie…

Retours en caleçon

Mois de Juillet 1980, pendant la révision des freins du Mack, je décide de faire un voyage a Téhéran avec le Mercedes 1924, j’installe une couchette de fortune, et départ comme ça…

Pas de performances à envisager, mais cependant une pêche d’enfer, tout se passe donc lentement mais sûrement….

A Téhéran une chaleur infernale, le matin la douane travaille, mais dès 14 heures c’est fini…alors bien sur, ce n’est pas gai de rester sur le Parking poussiéreux de la douane, donc je décroche et me voilà parti pour Téhéran…ou plus exactement pour une maison située sur les hauts de la ville, villa d’abord louée par les Ex Transports Chappuis de Lyon qui viennent d’ arrêter et donc reprise par Fridérici, il y a piscine, bar, resto, etc… enfin plein de confort…les chauffeurs Français ou Suisses, y sont naturellement très bien acceptés.

Le tracteur est garé dans la rue, avec d’autres, je me met en tenue de bain dans le camion, je prend ma serviette avec le pognon et les papiers, je remet tout ça au barman…et c’est le bain, le bronzage…l’apéro, et ensuite le souper….

Vient l’heure d’aller se coucher, alors je regagne mon tracteur…et là….désastre, on s’est fait faire la cabine, plus rien, plus de valdoche, plus de fringues, plus de sac de couchage….merde alors !!!, d’autres collègues ont subit le même traitement que moi, nous sommes donc plusieurs, à se retrouver « en caleçon »….

Naturellement tant que nous sommes dans ce pays chaud, le fait d’être presqu’à poil ne nous gêne pas outre mesure, mais il faut bien rentrer….et la honte quand même lorsqu’il m’a fallu aller acheter un minimum pour ma toilette…et puis un T shirt et un futal, t’as bonne mine de te présenter dans un magasin en caleçon de bain….surtout labàs…

Je suis rentré comme cela, mais dès l’Italie, il ne faisait pas très beau temps, la pluie, alors j’ai quand même enfilé ma combinaison de travail toute graisseuse, et c’est comme cela que je suis rentré à Lausanne….pas très présentable le papy…..

La seconde fois que je me suis fait faire la cabine, c’est au Motel Slavonsky Brod près de Belgrade en Yougoslavie, nous rentrions, j’étais avec trois chauffeurs Suisses de Fridérici, on s’arrête là le soir pour becter avec l’intention de rester là pour la nuit….

Toute à notre affaire avec les « Spritzer » et autres Cheva pchi pchi…un Iranien qui était lui aussi sur le parking, vient me chercher et me dit qu’on m’avait fait la cabine….en effet, cette fois là, putain, c’est la serviette avec tous les papiers qui avait disparu…heureusement j’avais sur moi, le passeport et le portefeuille extra plat des retours de voyage.

Là pour moi, c’était un peu plus grave, plus de papiers pour le camion, si je ne craignais pas trop les problèmes de passage de la frontière à Fernetti et au Gd Saint Bernard, comment expliquer la perte de ces papiers aux autorités chargées de me les remplacer….il me fallait au moins un procès verbal fait par la « Milija »…. le gérant du motel les appelle, ils viennent et me délivrent ce document sans problèmes, moi, aussi, je rentre en Suisse sans problèmes non plus.

Une fois arrivé, je refais tous les papiers, pour moi, l’affaire était classée quand soudain un téléphone de la police de mon village, c’était le Ministère des Affaires Etrangère à Berne qui les avait avisé que ma serviette avait été retrouvée intacte, elle était à ma disposition à l’ Ambassade de Suisse à Belgrade…..

Armé d’un carton de « fendant » pour ces messieurs de Belgrade, j’ai récupéré mon bien, les employés m’on dit que c’était la police qui leur avait apporté cette serviette quelques temps auparavant….je n’ai jamais su exactement qui m’avait fait la cabine…..mais seulement de vagues soupçons….. Jellica, une des « gentilles pitchka animatrices » attachée à l’établissement m’a confié plus tard, que l’un des cuisiniers du motel était en tôle depuis ce moment là…ah bon !!


Convoi exceptionnel pas si exceptionnel que ça !

Cette fois là, nous avions donc chargé des matériaux de constructions en France pour l’Entreprise DUMEZ qui construisait à Mossul et à Kirkuk, des maisons pour les Officiers de l’Armée de Saddam…

Dans le Volvo de Jean Claude du matériel volumineux mais léger, et moi dans ma semi des planches 24/25 tonnes (la valeur marchande de la marchandise était plus faible que le prix du transport)

Nous voilà parti Via le Mont Blanc….à Aosta, stop au Supermarket de « l’autoporto » pour acheter les « compléments alimentaires » aussi bien pour nous que pour les copains du site DUMEZ… (Cette attention nous ouvrait bien des portes labàs) …

Trieste Fernetti, Zagreb, l’autoroute Yougo avec motels (et les spécialités locales) enfin la frontière Grecque direction Ipsala en Turquie, jusque là, rien de spécial….quand tout à coup…un sifflement aigu, une fumée opaque…tiens!.. le turbo du Mack venait de rendre l’âme…

Allez trouver un turbo pour ce type de véhicule en Grèce…donc, il faut faire en sorte de pouvoir continuer au moins jusqu’à Istanbul…alors on bricole…on supprime le turbo, on raccorde le filtre à air à la pipe d’admission….pas de problèmes pour les mécanos du cru….

Au ralenti ça fonctionne normalement, mais dès qu’on sollicite un peu le moteur, fumée noire digne de la patrouille de France…et puis ça ne tire pas beaucoup….enfin on arrive comme ça au Londra…. Exploration de toutes les possibilités de remplacement du turbo négatives…alors comme on est bien déjà venu jusque là, on va continuer comme ça, non ?

Dans l’ensemble, plus hônte de la fumée que des performances, et, à part Bolu, le Taurus, et le col après la douane d’Irak, ou, pas assez puissant pour monter tout seul, j’ai du me faire « remorquer » par le 88 de Jean Claude…une barre derrière sa remorque, et en avant…

Donc pour finir, on arrive à Mossul, déchargement terminé, nous prenons la décision de tout charger sur le camion remorque, petit travail de routine, tout démonter, couper le tablier de la semi, pas la peine c’était déjà fait depuis le coup de Bagdad (Michel) charger tous les « accessoires » dans la semi, mettre la remorque au quai de fortune, et commencer la manœuvre de chargement….avec le Volvo comme pousseur, ça ne va pas…. Alors le « Jambon d’ Aosta » ayant fait son effet, nous disposons alors du matériel nécessaire….la niveleuse du copain fait merveille….

La semi est chargée sur la remorque, les béquilles posent juste sur l’avant, elle est décrochée bien sur et surélevée pour laisser un espace suffisant permettant les rotations et le passage sur le châssis du tracteur…le tracteur lui est tout à l’avant sur le camion…sanglage de tout le barda, un dernier pour la route avec les copains Dumez…et moteur…

Les problèmes : déport incroyable dans les virages, ceci étant donné la semi qui dépasse beaucoup sur l’avant de la remorque….alors achtung… achtung….

C’est ainsi qu’à 8 heures du matin, après une remontée héroïque 24/24, nous étions arrivés dans la cour du Garage Volvo à Crissier, c’est là que nous avons déchargé tout le commerce et remis en état le Mack…pas plus simple que ça…alors y a pas de quoi en faire un fromage, non ?…..mais…faut quand même pas mal de courage….

L’histoire de Michel…

Michel POMETICH, d’origine Russe Orthodoxe, c’était un colosse, une force de la nature, il habitait Thonon en Haute Savoie. Sortant d’une déception sentimentale, il décide de quitter son emploi de chauffeur de chantier pour celui de chauffeur Grand Routier, c’est comme cela qu’il est arrivé chez nous en Septembre 1981.

C’est ainsi que nous chargeons trois de nos camions chez Dubois à Garonor, le Volvo F89 d’ Ohran le chauffeur Turc, et le Mack de Michel pour Bagdad, et moi-même, avec mon Mack pour Téhéran.

Le chauffeur Turc, part le premier, afin de prendre quelques jours de congés dans sa famille à Istanbul, avec Michel, nous partons quelques jours plus tard, rendez vous est pris avec Ohran au Londra Camping, tout nouveau pour lui, Michel profite pleinement des « attraits » locaux….

Nous retrouvons donc notre « Turkich », et nous partons ensemble direction Ankara, là bifurcation oblige, moi, à gauche sur Sivas, Erzurum, direction Iran, eux, à droite sur Adana, Gaziantep, Urfa, Zakho, Irak.

De mon coté, j’ arrive à Téhéran, et là pour moi, c’est un nouveau soucis qui commence, Aioub, le « déclarant «  en douane de tous ceux qui le sollicitent, et en particuliers des camions Fridérici, me raconte que justement Mr Fridérici lui à dit de me prévenir…un de mes camions se rendant en Irak a eu un accident vers Kiziltèpe…le chauffeur est en prison…pas d’autres précisions….

De retour à Istanbul, je contacte enfin le correspondant de mon assurance, il se renseigne. En effet, c’est Michel avec le Mack qui a eu un accident, une femme « mulet » a traversé la route sans regarder, malgré les appels sonores de Michel, elle n’a pas réagi davantage, le camion l’a donc fauché …et elle a été tuée sur le coup. Michel a été placé en détention, dans l’attente du versement d’une somme de 50’000 DM……la police doit envoyer le rapport rapidement afin de déclencher le processus d’indemnisation pour ce sinistre…responsable ou pas c’est comme ça !

Le Chauffeur Turc a continué son voyage, comme il doit à son retour passer encore chez lui, je lui laisse le message de rester là, de m’attendre, je vais avoir besoin de lui la-bàs…il va traduire…et au besoin continuer le voyage à la place de Michel, je rentre donc en Suisse…je règle les problèmes avec l’assurance, il est convenu que les fonds serons transférés au correspondant d’Istanbul.

Je recharge rapidement, cette fois bien sur pour Bagdad, nous sommes deux camions à partir ensemble, il y a Luigi un affreté avec son F89. A Istanbul, nouveau contact avec l’agent de la compagnie, c’est OK, le pognon est là, nous récupérons Ohran, et nous voilà partis en direction de l’Irak, l’agent vient en Avion jusqu’à Adana, et ensuite il prend le bus….donc rendez-vous à Kiziltèpe pour dans trois jours… voilà près d’un mois que Michel est en prison…au Kurdistan en plus…quel bordel… mais que faire de plus… !

En arrivant en vue de la « ville » de Kiziltèpe, une voiture de police nous croise…des bras sortent de toutes les fenêtres pour nous faire signe….dans la voiture  il y a Michel, l’agent de l’assurance, et le chef de la police du bled, tout ce petit monde semble en pleine forme…bien bourré en plus, Michel, que je croyais trouver très abattu ne semble pas du tout ressentir les affres d’un mois de « geôle », c’est déjà ça….Donc direction le « bistro » du coin, les quatre « automobilistes » en repassent aussi sec une « couche », nous, nous ne pourrons jamais les rattraper….Ohran entre en action, et nous apprenons donc bien vite ce qui s’est réellement passé.

La pauvre femme, elle, personne n’en parle, c’est sûrement un détail pour eux. La seule chose qui compte, c’est l’argent de « la rançon », il a été distribué…à qui ? Nous n’en demandons pas plus, l’essentiel pour nous est de quitter le plus vite possible cet endroit maléfique pour Michel, je lui donne le choix, s’ il veut, il rentre à Istanbul et nous attend au Londra ( Il y a le F89 du Turc) ou alors il continue son voyage avec nous…. Il choisit de venir avec nous…bien, alors Ohran, son office de traducteur terminé, retourne nous attendre à Istanbul.

En fait, Michel, n’a pas été si malheureux que ça dans la « prison », elle était située dans le commissariat de police, le Mack était garé devant, comme il avait de l’argent, Michel a donc pu acheter tout ce qu’il voulait à manger et à boire….et aussi…à fumer…les « joints » circulent dur dans cette région là.

Deux choses cependant le préoccupait. D’abord, il était sans nouvelle de nous, alors question sur son « avenir »… Ensuite, au Londra, il avait acheté (à mon insu) un pistolet, heureusement, il était caché dans le système d’air conditionné du Mack, mais quand même il n’était pas tranquille du tout de le savoir là, et si les flics le trouvaient…

Bien sur, lors de nos voyages, nous ne partions jamais sans provisions » aussi bien « gastro » que « liquide », de ce fait, le soir nous avons pu fêter la fin de cette aventure Turque.

Deux jours après nous étions à Bagdad, nous étions garés à Faloudja, comme beaucoup d’autres, nous étions regroupés par « nationalité », il y avait donc autour de moi Luigi, et son F89, et Michel avec son Mack, et d’autre collègues Suisse, nous avions installé « le camp » du coté du « coffre à bouffe », bien sur apéro musclé, souper « à la fortune du pot » préparé par Papy Jean , naturellement discussions animées genre tradition resto routier, et aussi corvée d’eau…car comme chacun de ceux qui ont été la-bàs le savent, il n’y a que quelques petits robinets qui « pissottent » pour plusieurs centaines de mecs… De corvée ce soir là, Papy Jean et Luigi…donc absent une bonne demi heure, « le camp » étant resté sous la garde de Michel…..

De retour avec nos jerricanes, Michel, n’était plus là. La lumière des baladeuses éclairait l’endroit, mais pas de Michel. Quand soudain, je perçois un bruit, genre « mec qui dégueule », bien sur je pense aussitôt à Michel qui avait bien forcé sur l’apéro et le picrate du repas, je m’approche de l’endroit d’où provenait le »bruit », alors…. Mais non c’est pas vrai ? Michel était étendu de tout son long entre la remorque et le camion de Luigi, il s’était tiré une balle dans la tête……il râlait, mais ne parlait pas, quel bordel….mais que lui est t’il passé par la tête? Rien ne laissait penser à un truc pareil……

Naturellement, alerter les secours, alors le gardien des bureaux de la douane toute proche s’occupe de le faire. Peu de temps après, la police Irakienne arrive, plusieurs voitures. Sans autres ménagements, ils embarquent Michel à l’arrière de l’une d’elle, j’entends toujours le cri de douleur qu’il a poussé à ce moment là….La voiture part, nous ne le reverrons jamais…. Merde alors …..

Pour nous, c’est aussi une nuit pénible qui s’annonce, les flics nous prennent nos passeports, les clefs des camions et nous embarquent à leur poste de police, nous ne pouvons naturellement pas nous expliquer avec eux, ils veulent nous mettre dans un « cachot » pour la nuit, je manifeste sérieusement, alors, pour finir, nous dormons, Luigi et moi, dans leur dortoir, bon ça va … Je comprends quand même que demain ils nous conduiront à Bagdad …je peux aussi téléphoner à l’ Ambassade de Suisse, j’explique notre affaire, et demande qu’on prévienne également l’ Ambassade d’ Italie pour Luigi, et celle de France pour Michel…

En effet, le lendemain matin départ pour Bagdad, nous arrivons dans une sorte de Palais de Justice. On nous fait entrer dans une salle d’attente, et là, très peu de temps après, trois personnes des Ambassades que nous avons ameutées, se présentent à nous, ils ont un interprète, les explications commencent, je raconte toute l’histoire, sans trop insister toutefois sur l’histoire du pistolet, on ne sait jamais.

Peu de temps après, je suis introduit avec le Diplomate Suisse et l’interptète dans un premier bureau, là, je raconte a nouveau l’histoire, l’interprète jure sur le Coran de dire la vérité … toute la vérité, rien que la vérité… le Juge écoute impassible, ensuite c’est au tour de Luigi, même scénario, à moi encore une fois dans un autre bureau … A la fin de ce second «interrogatoire », le juge se lève, il parle Français aussi bien que vous et moi, il me tend mon passeport, mes clefs, je suis libre…quelques instants après Luigi me rejoint lui aussi…pendant ce temps les Diplomates se sont renseignés sur ce qu’il est advenu de Michel….il est mort en arrivant à l’hôpital…je ne peux plus rien faire pour lui.

C »est l’Ambassade de France qui, avec la famille de Michel, s’occupe du rapatriement de son corps jusqu’à Genève, ou il sera enterré quelques temps après son acte désespéré, nous arrivons juste à temps pour assister à l’enterrement selon les rites Orthodoxes…

Quelques suspicions subsistent de la part de la famille, car un jour je suis « convoqué » par un Avocat Genevois, il me demande de lui raconter les « détails » de l’affaire, il me demandes des tuyaux sur le comportement « anté-mortem » de Michel, et comme il m’offre un verre, je remarque, qu’à l’issue de la « dégustation », il prend délicatement mon verre. Je suis sur que c’est pour les empreintes, des fois qu’on ait retrouvé les mêmes sur le pistolet de Michel, voyez le truc…très pénible affaire que celle là….

Dans la pratique, une fois sorti du « tribunal », je me suis naturellement trouvé avec un camion sans chauffeur….heureusement pour moi, le malheur d’un chauffeur Français d’Annecy, a fait mon bonheur, son tracteur n’avait plus d’embrayage, alors nous avons chargé son tracteur endommagé sur sa semi, la semi de Michel sur la mienne, et alors les deux Mack sont rentrés sans problème, l’un à Annecy et l’autre à Genève, bilan : deux personnes mortes, beaucoup de travail, beaucoup de soucis, beaucoup de frais…. voilà la fin de cette histoire, c’est probablement celle qui m’a le plus marquée moralement de toutes celles qui me sont arrivées.

Noël 1973, Une nuit mouvementée

Cette année là, j’avais chargé vers le 10 décembre en Grande Bretagne à destination de Téhéran.

Une quinzaine de tonnes en tout : des machines à laver sur deux couches, au fond et par-dessus du Whisky.

L’impératif était d’arriver à Téhéran avant le 31 décembre, le Whisky était attendu pour le Nouvel an, donc, pas question de passer Noël à la maison…une fois de plus…. Jean Claude mon fils de 14 ans m’accompagnait pour ce voyage.

Nous sommes arrivés à Dogubaïazit (Douane Turque à la Frontière Iranienne ) le 22 décembre au soir ( petite note, c’ est justement à Dogubaïazit qu’ il y a eu un enfant mort à cause de la grippe aviaire). Le lendemain, passage en Iran à Bazargan (Douane Iranienne à la frontière Turque), vers 15 heures, nous voilà partis en direction de Téhéran, il faisait déjà presque nuit.

L’hiver est très rigoureux dans ces régions balayées par les vent glacés venant de Russie, il gèle dur, et naturellement le Gasoil gèle (vous connaissez), alors pour atténuer la formation de paillettes dans le Gasoil, on avait l’habitude en faisant le plein de mettre un pourcentage important de pétrole, et faute de pétrole on mettait de l’essence…ce que j’ai du faire ce coup là…

Nous passons Marand, Tabriz, nous longeons les gorges , passons les tunnels qu’il y a avant d’arriver à Zandjan….mais, il ne faisait pas chaud du tout dans ce coin là. Aussi, bien que « dopé », voilà le moteur qui commence à faiblir, un signe caractéristique de la mauvaise arrivée de carburant.

La conduite à tenir dans ces cas là est de vite s’arrêter, d’allumer le « réchaud » sous le réservoir ( technique locale qui consiste à mettre un peu de sable dans un bidon d’huile vide, dans le sable on verse du Gasoil, on y met le feu, et on met tout ça sous le réservoir pour le réchauffer) pour parfaire la chose, on confectionne un « brûlot », un peu d’étoupe au bout d’un fil de fer, on le trempe dans le Gasoil, on y met le feu, et on réchauffe les conduites de carburant, ça fonctionne très bien, mais suivant le froid , ça ne dure pas très longtemps, alors une seule solution recommencer l’opération.

Donc plusieurs fois entre Tabriz et Zandjan j’ai recommencé l’opération….vers le matin ou le froid est le plus mordant, arrivé presque à Zandjan, rebelote…, mais « connerie » de ma part, v’la t’y pas que je me met à faire fondre (c’était inutile) la glace agglutinée autour du bouchon du réservoir principal, je n’ai pas pensés aux gaz diffusés par l’essence, mais eux ils ont pensés à moi…explosion, je me retrouve à 4/5 mètres, couché dans la neige, mon anorak en feu.

Je me roule dans la neige pour éteindre le « sinistre »…je me « regarde, mes moustaches en avaient pris un coup, et mes mains, toutes brûlées, et la figure, enfin ça aurait pu ètre pire, avec le froid je ne sens rien du tout.

Le réservoir, lui était en train de se vider…comme un arrosoir…ça pissait de partout, vite fermer le robinet de communication avant que ce soit tout vide…et comme c’est le réservoir principal qui a explosé, il n’y a plus qu’une solution changer de réservoir, alors ni une ni deux, au travail !!! Les brides, pas facile à dévisser… le réservoir de remplacement contenait environ 250 litres, pour changer tout ça…deux bonnes heures après tout est fini. Le soleil s’est levé, il commence à faire moins froid, plus besoin ni du « réchaud » ni du « brûlot ». Le réservoir percé, je l’ai laissé au bord de la route, au retour il n’y était plus…..

Le matériel rangé, il faut à présent penser à moi, Jean Claude a fait chauffer de l’eau avec le Camping Gaz, pour du café d’abord, et ensuite pour me laver les mains….alors là, tout a basculé…d’avoir trempé mes mains dans l’eau chaude a réveillé la douleur…je ne vous dis pas ce que c’est… enfin on serre les dents et on part comme ça.

Arrivé à Zandjan, une pharmacie ouverte, je m’arrête pour acheter ce qu’il fallait pour me soigner…le pharmacien qui parlait Français, m’a alors conseillé d’aller à l’Hôpital, ce que j’ai donc fait, mais voilà, ils voulaient me garder….Ha non ! Alors les infirmières, m’ont nettoyé les plaies, de la figure et des mains, bandé les mains, mis de la pommade sur la figure et le cou, et je suis parti (elles n’ont pas voulu que je paye)… des jolies nana en plus… et pas « bâchées »….

Bien que très bien soigné, la chaleur de la cabine est vite devenue insupportable, je ne pouvais pas tenir mes mains sur le volant, alors Jean Chaude, s’est assis à coté de moi, c’est lui qui a conduit les 450 derniers Kms du parcours pour arriver à Téhéran, moi, je gardais les mains à l’extérieur, et le visage le plus possible, pas chaud du tout, mais efficace pour la douleur, nous sommes arrivés ainsi sans autres encombres à Téhéran, nous étions le 24 décembre 1973 au soir, donc largement dans les temps pour le Whisky.

Lorsque nous étions à Téhéran, nous avions coutume de loger à l’Hôtel, les camions étaient garés le long du Boulevard tout près de la Place Ferdowsi, personne ne nous disait jamais rien du tout, notre hôtel s’appelait la Pension Suisse , à part le nom et quelques photos du Cervin et du Jet d’Eau de Genève, absolument rien de Suisse, mais quand même on avait l’impression d’ètre en Europe, il y avait de tout à manger, et a boire, aussi bien du porc, du vin ou de l’alcool, les tenanciers avaient une maison dans la vallée de la Loire en France…ils s’y sont réfugiés à temps et avec leur pognon juste avant le début de l’ère Koméni… tant mieux…

Bien sur, ce soir là, je n’ai pas pu assister au repas de Noël préparé pour tous les Français ou les Suisses présents à l’hôtel, je sentais trop le « cochon grillé », mais plus tard dans la soirée, Vodka et Whisky aidant, plus personne ne sentait les effluves que je dégageais.

Ce sont mes copains qui ont été décharger et recharger mon camion, après quelques jours de repos ça allait beaucoup mieux pour moi, alors sans problèmes mais toujours avec mes bandages aux mains, j’ai pris le chemin du retour…j’ai même mis les chaînes avec mes mains bandées…

Ca aurait quand même été beaucoup mieux, si j’avais pu passer ce Noël là avec ma famille, non?

Les oranges de Didier…

Didier, lui avait l’habitude de prendre son épouse Sandrine et leur jeune fils avec lui, cependant n’étant pas encore assez placé haut dans la hiérarchie des chauffeurs de notre maison il avait un Volvo F88, (le camion de prédilection de la maison). Cette fois là, Sandrine n’est pas partie avec lui. Toujours groupage pour descendre et oranges pour remonter, donc formalités habituelles à la Junquera et ensuite remontée sur notre région.

Nous avions l’habitude de nous arrêter au Relais de Donzère, alors sortie de l’Autoroute à Bollène, ensuite la D 158 par Saint Paul Trois Châteaux et arrivée directe à Donzère. Didier avait un peu le « pied lourd », et le 88 pétait le feu, alors ça bombait sec, seulement le rond point de Saint Paul est en dévers, vitesse excessive aidant, l’inévitable se produisit.

Didier chercha bien à ralentir, mais trop tard, le 88 se trouva déséquilibré et c’est sur « deux roues » qu’il termina sa course contre le mur de la station de pompage en contrebas. Un poteau électrique reçu la semi remorque, ce qui priva l’usine Gerflex proche de courant. Didier, pas de mal, mais regardez la cabine, si Sandrine et le petit avaient été avec lui…on n’ose pas y penser.

Les Oranges ont trouvé « preneurs » sur place, il y en avait 24 tonnes, tout à disparu…. Le dispatching a été total, j’ai remis « le mulet » en route, et je suis allé récupérer les morceaux, mais là, moins de mal que pour Manu, on a changé la cabine en prenant celle du deuxième « mulet » et le vaillant 88 à continué ses voyages comme si de rien n’était, mais là aussi, Didier a eu chaud aux oreilles…et nous, vraiment, vraiment beaucoup de frais…

Les oranges de Manu…
Manu était le premier chauffeur entré dans notre Entreprise « Française », à ce titre, il a conduit d’abord un Volvo F88 (en Photo) et ensuite, le R 420, (en Photo également), c’était un peu l’homme de confiance de la maison, au point qu’à de nombreuses reprises, nous l’avons aidé dans le domaine de sa vie privée.

Nous chargions du Groupage en Allemagne ou en Suisse à destination de la région de Barcelone Valencia, et au retour, pour le compte de la Firma LEIBLE d’ Offenburg, que beaucoup connaissent.

Il charge un jour à Algemesi près de Valencia, un chargement d’oranges à destination de l’Allemagne, il devait être le lendemain matin à la Junquera pour la visite sanitaire comme c’était la coutume en ce temps là.

Arrivé à hauteur de Villafranca del Pénédes juste avant Barcelone, v’la t’y pas qu’il s’endort, ce qui ne l’empêche pas d’ accélérer de plus belle , le 420 ne se fait pas prier, d’autant plus que la tringle du régulateur était dans la caisse à outils.

Devant lui, un camion remorque Allemand, le chauffeur dormait aussi, mais doucement lui, l’inévitable se produisit donc, pan dans l’cul de l’autre, heureusement Manu se réveille, mais un poil trop tard pour tout éviter, un coup de volant à gauche lui sauve certainement la vie, mais j’vous dis pas la violence du choc.

La cabine du 420 à été arrachée du châssis, la semi s’est renversée en travers de l’autoroute, par miracle, Manu n’a rien eu du tout, une légère coupure à la main en sortant de la cabine qui avait été propulsée à plusieurs mètres, le chauffeur Allemand, lui s’est quand même réveillé, le cul de sa remorque en avait pris également un bon coup.

Des Oranges, voyez sur la photo ce qui en reste, c’est Papyroutier, qui a été avec « le mulet » récupérer les morceaux une quinzaine de jours après. Parce qu’il fallait d’abord s’organiser et préparer « le mulet »

Le chauffeur en prison à Paris …

Jacqueline avait acheté un camion, un joli Volvo F89 peint aux couleurs Américaines, nous avions embauché un chauffeur pour ce camion, il roulait en parallèle avec nous, ce soir là, nous attendions pour charger à Garonor. Nous mangeons au routier de Garonor, les deux tracteurs sont l’un derrière l’autre, garés à l’extérieur, bien sur, il est connu que la nuit, des « visiteuses » hantent le site, et se mettent volontiers à la disposition de ceux qui sont en retard d’affection….notre chauffeur devait sûrement faire partie de l’un de ceux là, nous l’avons appris par la suite.

Le lendemain matin, je constate que le Volvo, n’est plus derrière moi, il est parti en arrière en roulant sur les bordures du parking. Effectivement, nous apprenons très vite qu’un terrible drame s’est joué cette nuit là. Il a eu la visite d’une pouffiasse, qui, après avoir bu pas mal de Whisky et avoir échangé leurs groupes sanguins lui a demandé de la ramener près de Paris.

En revenant, comme, il était passablement « bourré », il s’est enquillé à contresens sur une bretelle d’autoroute, un routier qui se rendait à son boulot a été tué sur le coup….quel bordel !!! le Volvo, lui était garé un peu plus loin, il était lui aussi dans un drôle d’état…le chauffeur a fait deux mois de prison, nous n’avons plus jamais entendu parler de lui, c’est aussi bien comme ça.

Nous avons fait réparer le tracteur chez Volvo à La Courneuve. Après, c’est un chauffeur Turc qui l’a conduit, pendant deux ou trois voyages. mais Jacqueline en a vite eu marre de « son jouet », elle a préféré le revendre…à perte, depuis, il a été transformé en camion de dépannage, on le rencontre encore de temps en temps dans la région de Bâle.

Jacqueline, nous n’avons pas bouffé un sac de sel ensemble, l’aventure a duré sept ans, ça c’est terminé « précipitamment », j’aime pas que d’autres mettent mes savates, mais cela fait partie d’une autre histoire, et ça aussi, c’est aussi bien comme ça.

Mon premier voyage au Moyen Orient

Afin de rendre service à Jean Paul SAVARY , petit transporteur Vaudois, j’accepte d’aller rechercher un de ses camion remorque « abandonné » à Istanbul, c’était en Novembre 1969….le début d’une longue histoire, d’un long voyage, et d’une nouvelle passion….

En 1969, je travaillais comme chauffeur dans une maison de Transport de la Riviera Vaudoise , les Transports POULY de Vevey…je conduisais un Camion Remorque MAN, c’était un 10210, cabine avancée, sans couchette, boite à vitesse ZF 6 vitesses avec commande a étage, en levant le levier la 1 ère et 2°, au milieu, 3° et 4°, en pressant vers le bas, 5° et 6°, pas de relais, pas très puissant…avec 18 tonnes de ciment on devait mettre la première pour terminer la montée de «  la Biôlle  » près d’Annecy .

Une particularité de l’entreprise, était le fait que tous les camions étaient « transformables » très rapidement, ils pouvaient tous recevoir indifféremment pont ridelle bâché, citerne, ou caisse fourgon de déménagement…

A Vevey, il y a aussi l’ administration mondiale de Nestlé…de ce fait notre entreprise travaillait beaucoup pour ce gros client…principalement en déplacement mobilier des cadres de l’entreprise dans toute l’Europe…. donc, je faisais partie de cette équipe de chauffeur….polyvalents… déménageur, citernier, ou autres transports de matériaux, notamment en approvisionnement de ciment prompt de Cruas en Ardèche ou St Egrève vers Grenoble…le patron de cette entreprise, un homme de grand coeur, ouvert au dialogue et a l’écoute des autres, bon vivant….enfin super ambiance….

Donc un certain soir de Novembre 1969, mon copain Jean Paul, me téléphone, et me dit tout de go : Jean, j’suis dans la merde, ce salopard de … ??. à abandonné son Fiat à Istanbul, il a disparu avec le pognon que je lui avait donné…je sais que les clés sont dans le pare chocs, et que le camion se trouve sur un petit parking entre l’Aéroport et le Ferry…

Il faudrait que tu me rendes service et que tu ailles le rechercher labàs…. !! Bon, bon, rien que ça…mais bien sur, moi, je travaille chez Pouly, je veux bien en parler à Mr Fauchère, mais tu sais je ne peux rien présager de sa réponse….alors, rappelle moi demain soir…. mais moi, dans mon for intérieur je suis très tenté par ce projet.

Le lendemain, j’explique le coup à mon patron… qui comme moi, croit a une absence d’une semaine au maximum, il accepte, avec la condition bien sur que ce soit à la charge de Jean Paul… ce qui va de soit…

Donc, le soir même, bonne nouvelle à donner à Jean Paul, tout est OK de mon coté, une valdoche, le passeport, et rendrez vous demain à l’aéroport de Genève Cointrin pour l’avion d’Istanbul…Jean Paul est là, il me donne le billet d’avion, et six mille francs Suisse (24’000 FFrs), et c’est parti.

Il fait nuit quand nous atterrissons à Istanbul, naturellement les taxis nous tombent dessus comme la misère sur le pauvre monde, pas très au fait de la langue locale, j’ai bien du mal de me faire comprendre…enfin, je change mille balles en Turkich Lira, et, après plusieurs tentatives d’explications…le sens de l’opération à venir commence à être compris…on se met en route, dans un énorme « dolmus » direction le Ferry, il a compris ce que nous recherchions, un camion remorque Fiat…premier trajet de plus de 20 Kms négatif, nous n’avons rien vu, second trajet….ha, ça y est il est là…tout au fond d’un genre de square de l’autre coté de la route …(Pas très loin du Londra Camping que nous connaissons actuellement) .alors bien sur, on s’approche, le camion est bien tourné en direction de l’ouest, donc pas de problèmes on va rentrer…

Le Chauffeur de Taxi très intéressé par tout ce mic mac reste là, je trouve les clefs dans le pare chocs, j’ouvre la cabine…un bordel pas possible à l’intérieur….les papiers ? ha ils sont là ! mais quoi ? des carnets de Tir ? alors ce n’est pas vide ! ! Je regarde mieux, en effet, le camion est encore plombé, et les carnets pour ou ?….c’est alors que je découvre toute l’histoire, le camion est en fait chargé de tuyaux en plastic destinés à un chantier de l’ Entreprise DUMEZ à Multan au Pakistan…cet enfoiré de Jean Paul…il m’a bien eu…..je me rends en conférence, je continue, ou je rentre….

Bof, pour moi, pauvre ignorant que je suis, Multan c’est pas loin d’ici, ne suis-je pas déjà à Istanbul, donc pas de problème c’est sûrement la porte d’ à coté… alors je continue… faisant quand même le tour du camion, je me rend compte que si l’aspect extérieur est correct, les pneus arrière eux par exemple ont eu la « pelade », le profil « slick » genre tête à Barthez me fait immédiatement comprendre la motivation du « salopard » qui a abandonné le camion….enfin on verra bien, Jean Paul m’a quand même donné six mille Francs Suisses, non ?

Donc maintenant il s’agit de mettre en route « l’ usine », dans ce modèle de Fiat, le capot du moteur s’ouvre à l’intérieur de la cabine…ha oui, j’ai pas dit, c’est un Fiat 619 direction à droite, deux essieux directeur, du solide quoi comme les mille pattes qu’on voit en Italie, alors après avoir fait un minimum de « ménage » avec l’aide du chauffeur de « Dolmus », le capot levé on procède aux vérifications minimum…et test de démarrage…..que t’chi, y veut rien savoir l’ bestiau….alors d’abord voir s’il y a du carburant, il y a , ensuite, purge….mais les outils ?….alors mon nouveau copain Turkich opère…en quatre coup de cuillère à pot, ça démarre, putain comme ça tourne rond ces Fiats…

Bon alors on va pas coucher là…donc je décide de passer le Bosphore tout de suite, le « collèga » m’aide, nous arrivons à l’embarquement…il m’indique pour prendre le billet, je lui file son royal Bakchich, il n’en finit pas de remerciements, il a sûrement plus gagné avec moi en deux heures que pendant toute sa semaine de boulot avec le « Dolmus », et enfin j’embarque, le spectacle très nouveau pour moi, est magnifique, toutes ces lumières, cette agitation en pleine nuit, fantastique….Arrivé de l’autre coté, il est au moins deux heures du matin, alors, coup de barre oblige, je me met en position de repli….une petite place dans tout ce tohu-bohu, on verra le reste quand il fera plus jour…

La suite se passe plutôt bien, je ne suis pas vraiment tout seul, il y a des Anglais, des Suisses Allemand, pas vu de Français , des Bulgares, des Hongrois, je vais de découvertes en découvertes, le Bolu, Ankara, Sivas, Erzincan, Dogubaïzit, Bazargan, Marand, Zandjan, Téhéran…bof, rien de bien spécial à raconter, sinon que je dois bien vite m’adapter aux conditions de circulation locales, qui n’ont rien à voir avec celles de nos régions….le Fiat tourne comme une horloge, avec les dix tonnes qu’il trimbale, il vole littéralement « de trou en trou ».

Coté bouffe, bien sur, plus rien à voir avec le « Disque Bleu », heureusement mon « prédécesseur » avait quand même prévu la chose….il y avait des cassoulets, n’en veux tu n’en voilà… je complète le garde manger avec les produits locaux, Yémurta, Ekmeck, Pénir, Bira, etc…

Le Mack en perdition au Tahir (Turquie)

Loulou Bonfils, était un chauffeur qui avait une très bonne réputation dans les milieux des Routiers Suisse, le connaissant de longue date, et alors que j’étais devenu « Patron », je me suis rapproché de lui, afin de le convaincre de venir travailler avec nous.

Il avait un petit handicape physique, il boitait…mais cela ne l’empêchait pas de faire très bien son travail, chose dite, chose faite, je l’embauche donc pour conduire le nouveau Mack V8 que j’avais acheté quelques mois auparavant, c’était en 1976, je lui ai fais faire le premier voyage à Téhéran en double avec Jean Louis, notre autre chauffeur, tout se passe bien…

A la suite de ce premier voyage avec Jean Louis, il part avec le Mack charger 20 tonnes de Whisky à Londres, et c’est le départ, seul cette fois…seul c’est un grand mot, car sur cet itinéraire, il y a toujours quelqu’un pour rouler de concert avec vous, ça a été le cas ce voyage là, il a fait « la route » avec un chauffeur « Borcard » qui avait lui un Volvo F89.

C’est déjà l’hiver qui commence en Turquie, la neige fait son apparition, bien équipés, nos deux chauffeurs n’ont pas de problème de ce coté là, par contre d’autres, des chauffeurs Roumains avec de vieux Unic n’ont rien du tout, alors naturellement dans les montagne de l’Est de la Turquie , pour eux c’est la vraie « galère », et bien sur, ceux qui se trouvent derrière doivent attendre qu’ils dégagent enfin la route…, c’est ce que font Loulou et son accolyte .

Mais voilà ça a duré longtemps, le « cirque » Roumain, alors nos deux lascars se sont couchés, en laissant naturellement les moteurs tourner au ralenti…le froid de la nuit a fait le reste, le gasoil a gelé, les moteurs se sont arrêtés…et la galère a ainsi commencé pour eux aussi….

Pas habitués à ce genre de sport, ils n’ont pas su réagir tout de suite, ce n’est que le lendemain matin, qu’ils ont « tenté » de remettre en route les moteurs ; mais bernique, les batteries ont rendu l’âme rapidement, alors que faire …, ils m’ont dit par la suite avoir été pris de panique, ils ont tout simplement abandonnés les véhicules.

Revenus en « Stop » jusqu’à Erzinkan ou les Transports Chapuis de Lyon avaient installé une base dans un hôtel du Pays, c’est de là qu’ils m’ont téléphoné pour m’avertir de ce qui se passait, aussi bien pour Loulou que pour son copain le chauffeur Borcard.

Mr Borcard, est le patron d’une Agence Volvo dans le canton de Fribourg en Suisse, nous nous connaissons bien, alors nous décidons que ce soit moi qui parte en voiture, avec des batteries neuves, et tout ce qu’il faut pour remettre les véhicules en marche.

Ma voiture une vieille Lancia est très fiable, elle est très bien équipée avec pneus à clous, chaînes, enfin tout ce qu’il faut pour la montagne. Ma compagne décide de m’accompagner, alors c’est parti. On roule pratiquemment non stop jusqu’à Ankara, nous y récupérons Jean Louis qui rentre de Bagdad, et nous voilà parti pour l’est. Dès le départ d’Ankara c’est la neige continuellement , nous arrivons à Kirikkale, là on doit mettre les chaînes à la voiture, alors on roule doucement, surtout qu’il y a très peu de visibilité avec la neige qui tombe à gros flocons. Malgré tout, nous trouvons quand même pas mal de circulation, en fin d’après midi, nous arrivons enfin à l’hôtel Omür de Erzincan…Naturellement, les « explications » ont un caractère très « tendu », d’autant plus que ces deux « baizenenets » ont « une ardoise » confortable à l’hôtel.

Le lendemain nouveau départ pour aller retrouver les camions, mais nous n’y parvenons pas dans la journée, nous dormons à Erzurum. Le lendemain après avoir réussi à mettre en route la voiture (elle n’a jamais ingurgité autant de Start Pilote de sa vie), nous arrivons enfin au Tahir. Les deux camions sont ensevelis sous une épaisse couche de neige, les bâches sont intactes, les plombs aussi, (ouf) mais la cabine du Mack est restée basculée, est pleine de la neige qui est rentrée par l’orifice du changement de vitesses, ce jour là, nous n’avons fait que « peller « pour dégager les camions, il est 2 heures de l’après midi, la nuit arrive déjà, alors repli général sur Erzurum, demain sera un autre jour….

Le jour suivant pareil scénario, nous arrivons sur place vers dix heures, ma compagne est préposée à la confection intensive de café et de casses dalle, et nous, nous commençons par faire du feu sous les carters , peut être un peu trop…(on va voir pourquoi plus loin), on installe le « réchaud » sous le réservoir, on fait fonctionner le « brûlot », on remet les batteries neuves, et on teste le démarrage, dire que ça part du premier coup c’est pas vrai, mais au deuxième, avec un peu de »vitamines« pas de problème, ça tourne.

C’est parti…..seulement…en examinant les manomètres, je me rend compte qu’il n’y a pas de pression d’huile, et pareil, pour l’air, bizarre…non ? Rien ne coule dessous, on a contrôlé l’huile, alors quézaco… c’est seulement au bout d’un moment que je réalise que le feu sous le carter a « cramé » les tuyaux plastic, celui de l’huile et celui de l’ air, donc nous ne repartirons pas encore ce jour là, le Volvo lui, pas de problème, un coup de surcharge, une bonne giclée de Start Pilote, ça fume, mais ça part…, donc après cette dure journée, retour à l’hôtel d’Erzurum

Le lendemain, je me met à la recherche de raccords à olives pour réparer les tuyaux, du moins celui de l’air, rien du tout, ils ne savent même pas que ça existe… alors, c’est un tourneur qui nous prépare des raccords, à la bonne dimension,, des serflex, du ruban adhésif, mais voilà déjà le soir qui approche, alors, on verra demain…

Comme nous n’avons pas trouvé de « super » pour la Lancia , et qu’elle doit se contenter d’ordinaire Turque, elle manifeste donc son indignation en faisant la forte tête, il faut la pousser pour qu’elle daigne enfin démarrer, mais ça pas de problème il y a du monde pour regarder et pousser, nous arrivons enfin vers les camions, je monte avec difficulté les raccords de fortune, je bride solidement tout ça.. Et, miracle, ça marche…ouf, le reste n’est plus que formalité, c’est moi qui prend le volent, ça ne patine même pas un quart de tour, ça y est on est sorti de la « gonfle » comme on dit en Suisse.

Nous décidons d’accompagner les camions jusqu’à la frontière d’Iran, nous y arrivons tard le soir, heureusement il y a un « hôtel », il fait si froid dans la chambre que nous couchons tout habillé, ce soir là, pas de câlin géant avec la copine….d’ailleurs elle est fâchée, il parait qu’on met trop de Whisky dans le café.

La vie reprend son cours normal, C’est Jean Louis qui part pour Téhéran, il en profitera pour faire à son compte deux voyages « sauvages » Téhéran Bandar Abbas, mais il a quand même fait réparer les circuits d’air comme il faut.

Nous, nous rentrons, toujours avec les chaînes à la voiture, elle ont cassé deux fois, on les a fait ressouder, mais on est quand même arrivés tranquille à Ankara, là on a chargé la voiture dans le MAN de Jean Louis, et nous sommes rentrés en Suisse sans problème, bien entendu il était hors de question pour Loulou de repartir, cependant, quelques mois après, un autre collègue l’a embauché pour un voyage à Kuwait, là il y est resté, il a fait un infarctus, la grande route ne lui convenait sûrement pas, cependant c’était un bon chauffeur…mais en Suisse seulement.

Autre chose, savez vous combien m’a coûté cette aventure ? Eh bien très cher, et tout ça par la faute de deux « Baizenenets » et de deux pauvres chauffeurs Roumains mal équipés, mais qui, malgré tout, sont quand même arrivés bien avant nous à Téhéran, eux.

Tempêtes de neige en Turquie et en Iran

Pays aux contrastes importants selon les saisons, l’Est de la Turquie et l’Iran vont carrement d’un extrême à l’autre. Une chaleur insupportable l’été, et un froid glacial l’hiver. Aussi en hiver, il n’est pas rare que des chutes de neige très importantes paralysent le trafic routier complètement.<